Introductions scientifiques
Introduction scientifique d'Erick Noël
M. Erick Noël, Professeur des universités, Université des Antilles.
Le site Manioc, grâce au généreux apport de M. Bertrand de Reynal, qui a glané les fonds de quelque dix notaires du sud de la Martinique pour le dernier tiers du XVIIIe siècle, met à disposition un ensemble de 3229 actes transcrits, offrant une possibilité d’exploitation inédite pour servir en particulier l’histoire sociale.
Dans cette masse, les actes de vente l’emportent largement, avec 1036 transactions, soit le tiers d’un ensemble qui accorde également une place non négligeable aux inventaires après décès et aux contrats de mariage - respectivement 516 et 318 cas -, le reste se répartissant surtout entre les testaments, les procurations et les affranchissements. Les actes sont dans leur intégralité présentés, photos à l’appui, avec une note d’information synthétique. Ils renseignent aussi bien la société des nouveaux libres que celle des Blancs et des esclaves. En l’état actuel de conservation des originaux, les données de cette base constituent un réservoir d’informations précieux.
Cet ensemble documentaire peut également servir à apprécier le patrimoine martiniquais sous l’angle du foncier par un accès aux actes de ventes d’habitation et de maisons de ville. En ce sens il peut nourrir la recherche d’étudiants en histoire, de généalogistes et de toutes personnes curieuses de l’histoire locale.
Introduction scientifique de Dominique Rogers
Mme Dominique Rogers, Maître de conférence, Université des Antilles.
Longtemps la connaissance des populations antillaises et particulièrement des populations serviles s’est appuyée uniquement sur les papiers d’habitation et sur le Code Noir (ou plus exactement sur l’édit de Mars 1685). Les premiers, issus ordinairement de la correspondance entre les gérants, les procureurs et les planteurs absentéistes, sont rares pour la Martinique où les propriétaires sont le plus souvent résidents. Le second, on le sait désormais [1] , ne rend compte que d’une vision très théorique de la vie des hommes et des femmes des sociétés esclavagistes des Antilles, même lorsqu’on le complète avec les décisions règlementaires locales (Code de la Martinique, Code de la Guadeloupe, Loix et constitutions de la partie française de Saint-Domingue…) A côté des registres des greffes et de la presse des îles en cours d’exploitation [2] , le notariat est sans doute l’une des sources les plus riches, intensément explorée ces vingt dernières années, pour la connaissance des libres de couleur et secondairement pour celle des populations « blanches » européennes ou euro-créoles. Le matériau offert dans le cadre de la base « Esclavage en Martinique » est néanmoins particulièrement original, par le fait qu’il s’appuie, non sur les registres conservés aux Archives nationales d’Outre-Mer (ANOM) à Aix-en-Provence, mais sur les fonds des notaires locaux. L’édit royal de juin 1776, à l’origine du Dépôt des Papiers Publics des Colonies à Versailles et aujourd’hui aux ANOM, n’imposait pas l’envoi de toutes les doubles minutes (et notamment pas des inventaires après décès), mais aussi n’exigeait pas un niveau de précision exhaustif concernant le mode de paiement ou l’origine des biens. Dès lors, les fonds des notaires du sud de la Martinique, mis à disposition ici , s’avèrent d’une richesse irremplaçable, notamment par le fait qu’ils sont composés soit de documents originaux, dont on ne possède pas le double à Aix-en-Provence, soit de documents plus complets que ceux déposés aux ANOM. Les minutes conservées portant, hormis trois actes de 1801, 1815 et 1838, sur la période de 1776 à 1799, elles permettent d’approfondir la connaissance notamment de la période de la Guerre d’Indépendance américaine (1776-1783) puis de celle de l’Exclusif mitigé qui ouvre de nombreuses opportunités économiques à partir de 1783, enfin celle de la Révolution française (1789-1799) et de ses développements antillais (1789-1804). La Martinique étant occupée par les Britanniques à partir de 1794, les fonds des notaires du sud de la Martinique sont également une alternative particulièrement précieuse à un voyage à Londres pour consulter les doubles minutes qui ont été versées au Public Record Office à Kew.
Quelques éléments de précision ci-dessous permettent de faciliter l’utilisation des données mises à disposition. Certains ont un caractère général, d’autres portent spécifiquement sur chacun des types de données offerts : d’un côté, la base dédiée à la population servile et, de l’autre, l’ensemble des ressources sur les patrimoines des diverses populations de la Martinique.
Les notaires du Sud de la Martinique travaillent avec des clients résidant dans l’ensemble de l’île, même si plus de deux tiers des actes concernent le Lamentin (645 minutes), Rivière salée (347), Rivière Pilote (343), Saint-Esprit (319), Trou-au Chat [3] (286) et le François (240). Par ailleurs, certaines minutes portent ponctuellement sur des territoires plus éloignés : d’autres îles sous souveraineté française (la Guadeloupe), ou anciennement françaises (la Grenade, Sainte-Lucie), enfin l’île longtemps neutre de la Dominique, mais fréquentée dès le XVIIe siècle, en toute illégalité, par les Français de la Martinique et de la Guadeloupe.
De manière spécifique, la base offre une photographie de la population servile de la Martinique particulièrement riche. Avec 14741 lignes d’enregistrement concernant des esclaves, elle porte sur un échantillon non négligeable représentant globalement un cinquième de la population servile (20% en 1778 ; 18,4% en 1804 [4]). L’information collectée renseigne aussi bien sur le monde des plantations que celui des bourgs intermédiaires du sud de l’île, encore peu étudiés. Elle peut être utilisée dans des domaines extrêmement divers. Le simple lecteur curieux sera heureux d’y découvrir maints détails de la vie quotidienne de nos ancêtres. Qui soupçonnerait ainsi que les « Michel Morin » d’aujourd’hui existaient déjà au XVIIIe siècle, comme l’illustre cette jolie description d’un esclave de 1791 : « C’est un Michel Morin… » ? L’existence de « commandeuses », à côté des commandeurs, mais aussi de « Chasseurs ou de preneurs de rats » témoigne également de réalités inattendues, et parfois jamais encore documentées.
L’apprenti-chercheur pourra y tenter des études diverses, pour lesquelles on évoquera ici, de manière non-exhaustive :
• la reconstitution et le fonctionnement des familles serviles, en complément des travaux de Myriam Cottias, Arlette Gautier, Marie Hardy, Valérie Gobert-Sega [5]
• la situation des enfants en sociétés esclavagistes
• l’onomastique, pour des études qui pourraient éventuellement compléter celles de Vincent Cousseau, (cf. V. Cousseau, Prendre nom aux Antilles, individu et appartenances, XVIIe-XIXe siècles, CTHS, 2013).
• la composition par sexe, par âge et par origine des individus
• la qualification professionnelle des individus d’origine servile
• leur état sanitaire, etc.
Enfin, on mentionnera quelques limites ou précautions à prendre pour une bonne utilisation de la base.
La mention « nègre de terre » a été présentée comme synonyme de « probablement né(e) en Afrique », alors que nombre de créoles peuvent également être des « nègres de terre », soit des ouvriers agricoles. De même, le concepteur de la base a fait le choix de déduire l’origine africaine de certains individus, en s’appuyant sur la mention d’un prénom qui ne relève pas du stock chrétien traditionnel. Or, l’opération est délicate du fait du recours extensif aux diminutifs et aux surnoms pour les esclaves au XVIIIe siècle.
Le second volet du site « Esclavage en Martinique » porte plus spécifiquement sur les patrimoines meubles et immeubles des clients du fonds des notaires du sud de la Martinique qui avait servi à établir la base initiale « Esclavage en Martinique ». La période couverte porte donc également pour l’essentiel sur le dernier quart du XVIIIe siècle et l’espace sur le centre de l’île, du Lamentin au François, en passant par Rivière salée et Rivière pilote. En revanche, elle fournit désormais des informations sur l’ensemble des composantes de la société martiniquaise dans la diversité des statuts et des origines. A côté des habitants et des habitantes, les actes mentionnent également des géreurs et d’autres gestionnaires de biens, des personnels administratifs et militaires, des marchands, des négociants, des professions libérales, enfin des commerçants et des artisans de toutes sortes. De même, à côté des personnes dites « blanches », on note la présence d’esclaves, de libres de couleur (affranchis ou libres de naissance) et même, de façon très exceptionnelle, de deux amérindiennes libres (une « Caraïbesse », Zabeth Julière et une personne « se disant originaire du Brésil », Marie Luce Pereyre). Les actes rendent compte également des évolutions sociétales. Avec la période révolutionnaire et l’abolition des privilèges disparaissent les titres mais surtout les avant-noms qui contribuaient aux discriminations sociales (le/la nommé(e) pour les plus pauvres et tous les libres de couleur ; sieur, dame, demoiselle exclusivement pour les Blancs ou les personnes réputées blanches), tandis qu’apparaissent, entre 1792 et 1794, les termes plus égalitaires de citoyens et de citoyennes.
Ce nouveau volet « patrimoine » a été réalisé à partir d’actes à caractère personnel ou familial (contrats de mariage, testaments, donations, affranchissements, inventaires après décès…) et d’actes économiques (ventes, baux, création ou dissolution de société ….) émanant des clients de ces notaires du sud de la Martinique. Ils mettent en évidence les biens de nature très diverse possédés par les uns et les autres : les maisons, les boutiques et les entreprises, mais aussi bien sûr les esclaves de tout sexe et âge ; les vêtements, les bijoux et autres objets personnels (pistolets ou sabres, éléments de parure, éperons, tabatières…) ; le mobilier (« les meubles meublants »…), la vaisselle et divers éléments de décoration, de confort ou de coercition (rigoises, menottes, barres, fleur de lys..) enfin quelques pièces de monnaie, les actifs financiers, les dettes actives ou passives, les avances d’hoirie, etc.
Tous les types de bâtiments résidentiels ou économiques, de grandes ou petites tailles, localisés en contexte urbain ou rural sont mentionnés avec parfois des indications précises sur les occupants propriétaires, employés, esclaves et/ou locataires. Les inventaires après décès offrent notamment des éléments précieux sur les intérieurs des maisons (répartition des pièces, affectation, mobilier) et sur les extérieurs (galerie, jardins privatifs, dépendances, case à ouragan, cachot….). Les actes de vente et de location détaillent également la nature et parfois l’état du bâti (du sol au toit).
En milieu rural, et malgré l’importance des cultures d’exportation dans l’économie coloniale martiniquaise, les notaires rendent compte également des productions et des équipements des cutures d’exportation secondaires (cotonneries, cacaoyères et indigotières) mais aussi de ceux concernant les élevages (colombier, clapier, bergerie….) et les exploitations vivrières. Les descriptions mentionnent parfois la nature des vivres cultivés. Ils incluent aussi bien les champs cultivés que les terrains en friche, les savanes pour le bétail, les parcelles en bois « debouts » ou « à revenus »[1].
Les petites entreprises artisanales (poteries, four à chaux…) comme les espaces de transformation des grosses exploitations sont documentés, avec toutefois un luxe de détails donnant à voir aussi bien les gros équipements (canaux, écluses pour les moulins à eau ; boucans[2] pour sécher les cerises de café,… ) que les plus simples outils (becs de corbin[3] et rafraîchissoirs dans les sucreries, grages et presses pour la fabrication de la farine de manioc, etc.) et d’autres objets du quotidien (cloche, nattes ; grosses couvertures, cabrouet…).
Comme le suggère les éléments ci-dessus, les sources ici mises à disposition sont extrêmement précieuses car elles permettent de documenter la vie quotidienne, matérielle et sociale de nos ancêtres, dans la diversité de leurs statuts et de leurs origines, de manière infiniment riche et parfois bien différente de nos a priori. Elles complètent avec bonheur les informations extraites de la presse ou des greffes, car elles comprennent des données chiffrées précises permettant de connaître la valeur estimée des biens et d’approcher le fonctionnement de l’économie interne de la colonie, particulièrement dans les campagnes. Enfin, elles offrent l’opportunité de distinguer plus précisément les cadres de vie des habitants des campagnes de l’époque moderne, moins documentés que pour les mondes urbains[4].
Les actes notariés sont riches de beaucoup d’autres potentialités en lien avec la reconstitution des familles et des réseaux, des pratiques religieuses ou plus largement culturelles. Ainsi, il convient de noter que les actes numérisés permettent de documenter l’acculturation à l’écrit des populations martiniquaises de la fin du XVIIIe siècle, appréhendé au travers de leur capacité à signer et parfois à parapher. Les rares éléments sur les biens culturels possédés et notamment les livres, les tableaux et les autres œuvres artistiques contribuent également à notre connaissance de l’univers mental des propriétaires, d’autant plus que les inventaires détaillent parfois la nature et même les titres et les auteurs des biens culturels possédés.
Pour toutes ces raisons, la mise en ligne de ces éléments du patrimoine des populations martiniquaises de la fin du XVIIIe siècle est particulièrement bien venue. Les enseignants y trouveront à minima de la matière pour illustrer leurs cours de façon riche et nuancée et des exercices pour privilégier des démarches actives. Les apprentis chercheurs y découvriront l’occasion de compléter nos connaissances sur l’histoire matérielle, sociale et culturelle de nos prédécesseurs, et particulièrement d’appréhender le quotidien des différents groupes sociaux, en distinguant notamment les réalités urbaines de celles des campagnes, moins connues faute de thèses dédiées aux villes et aux bourgs des campagnes martiniquaises, mais aussi aux petits-Blancs et aux grands Blancs, curieusement encore mal connus.
***Notes***
[1] On consulterait avec profit à cet égard tant les travaux de Gabriel Debien, Marie Hardy, Jessica Pierre-Louis, et spécifiquement ceux de Jean-François Niort sur les aspects normatifs. Cf. Gabriel Debien, Les Esclaves aux Antilles françaises, Basse Terre, Société d'Histoire de la Guadeloupe, 1974 ; Marie Hardy, « Le monde du café à la Martinique du début du XVIIIe aux années 1860 », thèse de doctorat, Université des Antilles et de la Guyane, 2014, Jessica Pierre-Louis, « Les libres de couleur face au préjugé : franchir la barrière à la Martinique aux XVIIe-XVIIIe siècles, début du XVIIIe aux années 1860 », thèse de doctorat, Université des Antilles, 2015 ; Jean-François Niort, « Les libres de couleur dans la société coloniale, ou la ségrégation à l’œuvre (XVIIe-XIXe siècles) », Bulletin de la Société d’histoire de la Guadeloupe, n° 131, janvier-avril 2002.
[2] Dans le cadre des travaux du groupe canadien de l’histoire de l’Atlantique français, on notera particulièrement la base créée par Jean-Pierre Leglaunec et Léon Robichaud, originalement à partir des avis de marronnage des Affiches Américaines de Saint-Domingue, mais qui, désormais, inclut également les avis de fuite et les listes d’esclaves emprisonnés de la Guyane française, la Guadeloupe, la Jamaïque, la Caroline du Sud, la Louisiane et le Bas-Canada. http://www.marronnage.info/fr/accueil.php.
Pour l’utilisation des greffes, on mentionnera les ouvrages suivants : Frédéric Régent, Gilda Gonfier et Bruno Maillard, Libres et sans fers. Paroles d'esclaves, Fayard Histoire, 2015, Dominique Rogers (dir.), Voix d’esclaves. Louisiane, Antilles et Guyanes françaises, XVIIIe-XIXe siècles, Collections sources et documents, Karthala, 2015 et Sophie White, Voices of the Enslaved: Love, Labor, and Longing in French Louisiana, The University of North Carolina Press, 2019 (en cours de traduction).
[3] Actuelle commune de Ducos
[4] Données extraites de Léo Elisabeth, La société martiniquaise aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1664-1789, Karthala, 1989, p. 29
[5] Myriam Cottias, La Famille antillaise des XVIIe et XVIIIe siècles : Etude anthropologique et démographique, Enracinements créoles, Thèse de doctorat, École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris, 1990 ; Arlette Gautier, Les sœurs de solitude : la condition féminine dans l'esclavage aux Antilles du XVIIe au XIXe siècle, Paris, Éditions Caribéennes, 1985 ; Valérie Gobert, « Le droit matrimonial aux Antilles françaises, XVIIe-XXe siècles », Thèse de doctorat, université de Paris I, 2010 ; Marie Hardy, « Le monde du café à la Martinique du début du XVIIIe aux années 1860 », Thèse de doctorat, Université des Antilles et de la Guyane, 2014.
Notes de bas de page
[1] Celles dont les bois sont vendus à la coupe pour générer des revenus supplémentaires.
[2] Les boucans sont des tiroirs, utilisés pour le séchage des cerises de café, à la place des glacis. Communs au XIXe siècle, les boucans apparaissent à la Martinique à la fin du XVIIIe siècle.
[3] Ustensile servant à transvaser le vesou d’une chaudière à l’autre
[4] Sur la culture matérielle des populations urbaines des Antilles françaises, on consultera, pour la Martinique, les travaux des archéologues Tony Volpe et Henri Amouric (Tony Volpe, « Le logement des esclaves des plantations à la Martinique au XVIIIe siècle », in MORICEAU, Jean-Marc; MADELINE, Philippe. Les petites gens de la terre : Paysans, ouvriers et domestiques (Moyen Âge - XXIe siècle), 4, Presse Universitaires de Caen, pp.223-234, 2017, Bibliothèque du Pôle Rural, 979-10-91823-03-6. ⟨halshs-01547023⟩ ; Henri Amouric, Guergana Guionova, Lucy Vallauri, Tony Volpe, « Hygiène collective, hygiène individuelle d’une société coloniale : Martinique et Guadeloupe, XVIIIe-XXe siècle), in Margherita FERRI; Cecilia MOINE; Lara SABBIONESI. In & Around, Ceramiche e comunità, Secondo convegno tematico dell’AIECM3, Faenza, Museo Internazionale delle Ceramiche 17-19 aprile 2015, All’insegna del Giglio, pp.67-75, 2016, 978-88-7814-698-3. ⟨halshs-01394179⟩ ainsi que ceux de l’historien Abel Louis (La culture matérielle des élites sociales et des milieux populaires en Martinique (1852-1900), Éditions L’Harmattan, 2023 et Hommes en noir, femmes en blanc ?: La culture des apparences à l'épreuve du système esclavagiste en Martinique (1765-1848 ), Éditions L'Harmattan, 2020, enfin, pour la Guadeloupe, ceux d’Anne Pérotin-Dumon (La ville aux isles, la ville dans l’île, Basse~ Terre et Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, 1650-1815, Karthala, 2000, pour la partie française de Saint-Domingue et, pour la partie française de Saint-Domingue, les travaux de Dominique Rogers (« Les libres de couleur dans les capitales de Saint-Domingue : fortune, mentalités et intégration à la fin de l’Ancien Régime (1776-1789), thèse de doctorat, Université de Bordeaux III, 1999).