Notice informative
L’usager trouvera dans les lignes qui suivent quelques explications pour mieux appréhender :
- • Les données telles qu’elles figurent dans les actes notariés du XVIIIe siècle et dans la base de données,
- • Les ensembles ou groupes de données qui ont été constitués par l’auteur et les personnes qui ont travaillé sur la base de données pour faciliter la recherche (formulaire avancé).
Des astuces pour effectuer des recherches dans les bases de données sont disponibles dans les encadrés contenant le symbole .
Sommaire
Introduction
Utiliser au mieux les fonctionnalités techniques de recherche dans les bases
- Informations générales sur la recherche
- Recherche par critères
- Recherche libre
- Recherche par date
- Recherche par valeur numérique (volet patrimoine)
Comprendre les données et utiliser au mieux les critères de sélection
Introduction
Esclavisation, esclavisé, esclavagisé sont autant de termes qui, peu connus du grand public, émergent de plus en plus au sein de la communauté scientifique pour souligner le processus de mise en esclavage et le fait qu'une personne n'est pas esclave par nature. Néanmoins, pour l'interface de la présente base de données, le choix s'est porté sur l'utilisation des termes d'esclavage et d'esclave, tels qu’ils étaient en usage dans les sources. Ainsi, le nom de domaine « esclavagemartinique » a été retenu ; pourtant, la base de données traite bien plus que la question de l'esclavage. De même, il existe un volet de recherche « esclaves » bien que la population servile ne saurait se réduire au seul statut juridique qui lui a été imposé. La base de données a été constituée à partir d’actes notariés qui sont en cours de dépôt aux Archives territoriales de la Martinique. Elle possède trois volets de recherche.
Le volet "actes notariés" recense ces derniers avec notamment leur libellé, la date, le lieu, le type d'acte et le notaire qui les a enregistrés. Il s'agit pour l'essentiel de ventes, d'inventaires de succession, de contrats de mariage, de testaments, de donations... ayant eu lieu surtout dans le sud de la Martinique dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Mais l'on trouve d'autres actes, dont des affranchissements.
Le second volet liste tous les individus "esclaves" apparaissant dans chaque acte. C'est là le cœur de la base qui permet de mieux connaître la population servile. Chaque enregistrement correspond à la mention d'un esclave dans un acte ; un individu peut donc apparaître plusieurs fois dans la base. La fiche "esclave" renseigne notamment sur le nom de la personne, mais aussi sur toutes les informations connues à son sujet dans l'acte où elle apparaît : sexe, âge, catégorisation ethnoraciale, activité ou qualification, état de santé, la valeur qu'on lui a assignée... et aussi ses relations familiales. Les deux volets étant liés, il est possible de circuler entre la fiche d'un acte et la fiche d'un esclave. Il est aussi possible de passer de la fiche d'un esclave à celle d'un autre esclave quand ceux-ci ont des liens familiaux connus ou quand il existe une concordance vraisemblable d'individu entre une ou plusieurs fiches.
Le troisième volet liste les patrimoines décrits dans les actes notariés. Les mariages, les décès, les ventes ou les mises en société étaient autant d’occasions de réaliser des états estimatifs des biens possédés ou transmis qu’ils fussent meubles (ceux qu’on peut déplacer) ou immeubles (ceux qu’on ne peut pas déplacer). Tout ce qui pouvait être considéré comme faisant la richesse d’une personne, y compris la possession d’autres femmes et hommes réduits au statut d’esclave, était ainsi consciencieusement noté.
L’article 44 du code noir de 1685 considérait juridiquement les esclaves comme des biens meubles (qu’on peut déplacer au même titre que le bétail ou le mobilier). Toutefois, l’article 48 déclarait que les esclaves de 14 à 60 ans travaillant sur les habitations ne pouvaient être individuellement saisis pour dettes. Dans cette circonstance, ils devenaient un bien immeuble, leur sort suivant celui de l’habitation à laquelle ils étaient attachés. Cette règle avait pour objectif de toujours maintenir les habitations exploitables.
Les archives livrent quantité de détail sur les habitations : les fonds de terre et leurs usages, les principales cultures et productions, les bâtiments qui les composent, et quelques éléments sur les biens meubles (biens culturels, monnaie en circulation, biens précieux…). L’on peut ainsi découvrir le monde colonial à travers la description des biens possédés.
Quand cela est possible, un lien a été fait entre le nombre d’esclaves mentionné dans le volet patrimoine et ceux portés dans le volet dédié. Toutefois, le nombre total d’esclaves attachés à un patrimoine peut être indiqué sans pour autant en préciser les noms ou aucune autre infirmation. Par ailleurs, le volet « esclaves » recense tous les esclaves nommés dans un acte, qu’ils soient rattachés ou non à un patrimoine spécifique. Il est donc possible d’observer un nombre différent entre les esclaves rattachés à un patrimoine et ceux associés à un acte.
Cette masse de documents anciens, qui portent les marques (pour ceux qui ne savent pas signer) ou les signatures (pour les plus instruits) des acteurs et témoins de ce lointain passé, laisse transparaître l’histoire riche et complexe de la société d’alors. On y voit les traces des petits et grands moments de la vie : le mariage, affaire de sentiments tout autant qu’affaire économique, les dernières volontés d’une personne sur son lit de mort, l’inventaire détaillé des biens parfois modestes qui montrent la rareté et la préciosité des objets de l’époque…
C’est également le système esclavagiste tel qu'il a été mis en place et pratiqué à la Martinique, qui apparaît avec ses règles mouvantes, ses ambiguïtés et ses contradictions internes ; des hommes et des femmes, étant toujours prompts à contourner la loi, si cette dernière n'allait pas dans le sens de leur intérêt particulier.
C’est aussi surtout bien souvent les espaces et la dureté de la vie pour les hommes et les femmes déportés et réduits en esclavage, leurs ventes et rachats, leurs maladies, leur fuite des plantations qu’il est donné de voir, avec parfois des moments plus heureux comme un affranchissement, un mariage ou un service militaire qui libère…
Dans tous les cas, on est projeté avec réalisme dans divers instants parfois touchants de la vie quotidienne des uns et des autres, qui invitent à une meilleure connaissance de ce passé pour tout un chacun.
Utiliser au mieux les fonctionnalités techniques de recherche dans les bases
Informations générales sur la recherche
- • Pour afficher toutes les données de l'une des bases, laissez le champ de recherche vide et cliquez sur le bouton « Rechercher ».
- • Pour afficher les données qui répondent à certaines caractéristiques, cochez les critères de sélection.
- • Vous pouvez également cumuler un terme de recherche avec les critères de sélection : soit en saisissant d’abord votre terme de recherche puis en cochant les critères, soit en cochant les critères, en ajoutant un terme dans le champ de recherche, puis en cliquant sur le bouton « Rechercher ».
- • En cliquant sur les intitulés des résultats, vous pouvez afficher les données par ordre croissant/décroissant ou par ordre alphabétique. Certains classements sont imparfaits, particulièrement ceux qui contiennent des données chiffrées en raison de la forme des données sources.
Recherche par critères
À l’intérieur des différents types de critères (sexe, âge...), les données sélectionnées se cumulent. Par exemple en sélectionnant [2 à 9 ans] et [10 à 19 ans] dans la rubrique âge, l’ensemble des personnes âgées de 2 à 19 ans s’affichera en résultat.
Entre différents types de critères, le résultat renvoie les personnes répondant à l’ensemble des critères sélectionnés. Par exemple, en cochant [femme] et [20 à 29 ans], vous obtiendrez l’ensemble des femmes qui ont entre 20 et 29 ans.
Recherche libre
- • Le champ de recherche libre de la section « recherche “esclaves” » brasse les données textuelles : nom, catégorisation ethnoraciale, activité ou qualification, problème de santé de l’esclave, mais aussi les éléments du libellé de l’acte, les noms et activités des actants.
Vous pouvez aussi restreindre la recherche à la rubrique : nom (des esclaves). - • Le champ de recherche libre de la section « recherche “actes notariés” » brasse uniquement les données textuelles du libellé de l’acte.
- • Le champ de recherche libre de la section « recherche “patrimoine” » brasse toutes les données textuelles du volet.
Vous pouvez aussi restreindre la recherche à l’une de ces rubriques : propriétaire, bâtiments, données diverses, biens culturels, espèces monétaires, objets précieux. - • Le moteur recherche une chaine de caractères. [Louis] donnera des résultats pour Louis, Louise, Louison…
Recherche par date
Les dates extrêmes des actes de la base de données s’étendent pour l’instant du 6 juin 1766 au 16 juin 1810.
Recherche par valeur numérique (volet patrimoine)
- • La recherche par valeur numérique permet pour la rubrique sélectionnée de faire au choix une requête de type « égal à », « inférieur à », « supérieur à », ou « compris entre ». Les rubriques interrogeables et les valeurs extrêmes associées sont :
- Fonds de terre (en carré), 0,5 à 830.
- Esclaves (nombre), 1 à 820.
- Actif brut (en livre), 65 à 1 712 729.
- Dettes actives (en livre), 3 à 596 712.
- Dettes passives (en livre), 66 à 711245.
- Actif net (en livre), -382 495 à 873 208.
- Revenu net des plantations (en livre), 66 à 173 854.
- Produits finis ou stock (en livre), 10 à 111080. - • Quand plusieurs valeurs sont indiquées dans une rubrique, le moteur retourne à la fois chaque valeur et leur somme. Par exemple en 1795, Catherine Victoire Gaigneron et Jean Aman Astorg possèdent un fond de terre de 144 carrés à Rivières-Salée et un autre de 31 carrés à Sainte-Luce, soit un total de 175 carrés. Le moteur de recherche prend en considération ces trois valeurs. Le patrimoine du couple apparaîtra donc en résultat aussi bien si vous faites une requête pour un fond de terre égal à 31, inférieur à 40, supérieur à 40, ou compris entre 100 et 150.
Il est à noter que, dans la recherche par valeur numérique, le moteur de recherche ne prend pas en compte les données non quantifiées. Par exemple, en 1777, l'actif net de Claude Grapin est composé de 1500 livres et des droits successoraux paternels et maternels en France, mais ces droits ne sont pas évalués.
Comprendre les données et utiliser au mieux les critères de sélection
Date et lieu
Date
Dans la recherche par « actes notariés », il est possible de faire une recherche par date. Pour l’instant, l’acte le plus ancien enregistré dans la base est du 06 juin 1766 et le plus récent du 31 décembre 1799.
- • Entrez la date au format jj/mm/aaaa.
Lieu
La Martinique se compose actuellement de 34 communes, mais il n'en a pas toujours été ainsi. Au fil des créations d'entités territoriales, les délimitations ont plusieurs fois changé, les noms de lieux aussi. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, deux subdivisions principales cohabitaient : le quartier et la paroisse. La paroisse était la subdivision administrative et religieuse (ayant son saint patron presque toujours indiqué dans les actes), majeure par ses rôles civils et sociaux. Dans son acception de l'époque, le quartier était un découpage administratif et militaire. Il permettait par exemple d’organiser le regroupement des hommes en milices, ces compagnies composées de colons pour assurer la défense de l'île au côté des troupes militaires régulières.
Quartier et paroisse ne se confondaient pas nécessairement. Au XVIIIe siècle, Saint-Pierre était composée de deux paroisses, celle du Fort et celle du Mouillage, réunies en 1832. Certaines de nos communes actuelles n'existaient que comme quartier (dans le sens actuel du terme) d’un territoire plus vaste. Fond-Saint-Denis et le Morne-Rouge dépendaient de Saint-Pierre. Schœlcher (autrefois appelé Case-Navire) était un quartier de Fort-de-France ; Saint-Joseph dépendait du Lamentin. De même, Bellefontaine dépendait de Case-Pilote, Morne Vert du Carbet, Grand-Rivière du Macouba et Ajoupa-Bouillon de la Basse-Pointe. Pour ce qui est de la toponymie, Fort-de-France était alors dénommée Fort-Royal, Ducos correspondait au Trou-au-Chat et Le Lorrain était appelé Grande Anse. Saint-Esprit se rencontrait de temps à autre sous l’appellation Les Coulisses. Parfois, une variante d’un nom plus familier fut employée telle Sainte Anne des Salines pour Sainte-Anne.
La période révolutionnaire fut marquée par l'apparition d’une nouvelle entité : la municipalité (même si le concept ne devint partout opérant qu'en 1837). Elle fut aussi marquée par des changements de nom pour certains lieux. Fort-de-France devint ainsi pour un temps Fort-de-la-République ou République-Ville. Le Gros-Morne fut parfois appelé Rochambeau.
Volet « Esclaves »
Âge
Pour les enfants de moins de 2 ans, les âges mentionnés sont souvent exprimés en mois dans la source. Ces âges ont été systématiquement ramenés à un ratio sur 1. Une personne âgée de 0,9 ans dans la base, est en fait âgée d’environ 11 mois et non de 9 mois.
- • Seule la recherche par tranche d’âge est possible pour l’instant
Catégorisation ethnoraciale
« couleur »
Au XVIIIe siècle, le système colonial et esclavagiste des Antilles se structurait autour du « préjugé de couleur », un système social et juridique de hiérarchisation raciale, discriminant les personnes ne pouvant se prévaloir d’une ascendance comme blanche, ou réputée telle. Ce préjugé transparaît dans les sources par l’existence d’un vocabulaire classifiant et hiérarchisant les personnes « non blanches » en fonction de la génération de métissage supposée et en fonction des caractères phénotypiques, autrement dit la couleur de la peau, particulièrement, mais aussi les traits du visage ou le type de cheveux. Dans les documents, on retrouve ce vocabulaire spécifique à chaque territoire tant pour les esclaves que pour les personnes libres de couleur. Les informations ci-dessous s’entendent pour la Martinique au XVIIIe siècle.
- • Les termes « Nègre, négresse, négrillon, négritte… » servaient à décrire des individus « noirs non métissés ».
- • Les termes « Griffe » ou « Câpre, câpresse, cabre, cabresse, cabriste… » servaient à décrire des individus noirs métissés se rapprochant des caractères apparents des personnes noires, issues de l’union des « mulâtres » et des « nègres ».
- • Les termes « Mulâtre, mulâtresse » étaient perçus comme l’expression générique du métissage. Cela décrivait plus spécifiquement les personnes issues de l’union des Noirs et des Blancs.
- • Les termes « Métis, métisse, mestif, mestive, metif, … », « Quarteron » ou « Mamelouque » servaient à décrire des individus métissés clairs de peau se rapprochant des caractères apparents des personnes blanches. Les termes « Métis, métisse, mestif, mestive, metif, … » servaient à décrire des personnes issues de l’union des « mulâtres » et des « Blancs », le terme « Quarteron » servait à décrire des personnes issues de l’union des « métis » et des « Blancs », enfin « Mamelouque » était utilisé pour évoquer des personnes issues de l’union des « quarterons » et des « Blancs ».
« Né(e) en Afrique »
La source apporte aussi parfois une information sur l’origine africaine d’une personne. On trouve ainsi des personnes dites : Arada (Arrada) Bambara, Bourriqui, Bibi (Biby, Dibi), Caplaou (Capelaou), Capvert (Calver, Calvair), Congo, Ibo (Hibo, Ibaud, Ybeau, Ybo), Gandou, de Guinée, Mandingue, Mine (Mine d'or, Medor), Moco (Mocho, Mocou), Poulard (Poularde, Polard), Qiamba (Kiamba), du Cap-Vert, de terre Mozambique, de terre Quissi, de terre Soso, de terre biby (ou bibi), ayo (ou ago), agosie ?, piapia, hundy, barbe, popot, gombé, boudou, sureau, tonnelle, timbou, beaubens, golan, acatta, coins, paquem, anan ?, tontrin, zizi, bomba, aquier (ou aguier), boucard, beaucal, capos et monsa.
Les Africains et Africaines se retrouvent aussi à travers les appellations "nègres nouveaux" et "négresses nouvelles", qui les distinguent des personnes dites "créols" ou "créoles", autrement dit de ceux et celles nés aux Îles.
- • Vous avez la possibilité de rechercher les différentes personnes concernées par une ethnie en tapant une de celles précitées dans la fenêtre de recherche générale. Néanmoins quelques résultats pourraient être non pertinents en fonction de la chaîne de caractères entrés.
Lors de la collecte de données, ces deux types d’informations ethnoraciales ont été regroupées en une seule et même cellule. Elles figurent dans le tableau des résultats et dans la fiche de chaque individu telles qu’elles sont mentionnées dans la source. Si l’information n’a pas été explicitement précisée dans les sources, mais que l’auteur de la base de données a pu déduire la classification probable par le croisement et l'analyse des informations ; un code a été appliqué et reporté : « Nègre (par déduction) » ou « Griffe, câpre, mulâtre, métis, quarteron, mamelouque… (par déduction) ».
Deux cas particuliers, au moins, pourraient illustrer dans cette base les incohérences de la construction sociale du système racialiste. Deux jeunes esclaves furent décrits dans la source comme « négrillon » ou « négritte » ; ils étaient donc a priori noirs non métissés. Pourtant, la mère du premier fut dite « capresse », celle de la seconde « mulâtresse » ; l’auteur de la base les a donc codés comme « Griffe, câpre, mulâtre, métis, quarteron, mamelouque… (par déduction) ». En effet, au vu de la catégorisation des mères, ces enfants étaient des personnes métissées. Il est néanmoins possible qu’il s’agisse d’une simple erreur du rédacteur de la source.
Activité, qualification
Certains esclaves possédaient une activité ou une qualification, voire plusieurs. Les éléments concernant les activités des esclaves ont été regroupés autant que possible par catégories. Les rubriques ci-dessous sont suivies du contenu qu’on peut y trouver.
- • « Services rattachés à la grand’case » : servant, valet, domestique, ménagère, cuisinier, marmiton, bouteiller, boulanger, blanchisseuse, lessivière, brodeuse, couturière, nourrice, perruquier…
- • « Fonctions paramédicales » : accoucheuse, infirmière, sage-femme, hospitalière, apothicaire, aide-chirurgien, chirurgien…
- • « Métiers de la mer » : patron, marin, matelot, canotier, calfat, nage, pêcheur, maître de seine…
- • « Artisans » : scieur de long, charpentier, menuisier, couvreur, maçon, cordonnier, tailleur, potier, faiseur de chaises, forgeron, matelassier…
- • « Ouvriers d’habitation » : ouvrier, manœuvre, monteur de chaudières, raffineur, chauffeur de la sucrerie, tonnelier, muletier, moulinier, cabrouettier, charretier, charron, vinaigrier, rhumier, sucrier…
- • « Cadres du jardin » : commandeur, commandeuse…
- • « Intégration à l'armée » : enrôlé, engagé, pionnier, lieutenant…
- • « Gardiens des terres et des bêtes » : gardien des barrières, des savanes, attaché à la lisière, gardiens des bœufs, des bêtes, palefrenier, soigneur des bestiaux…
Dans cette rubrique, on trouve par ailleurs les catégories « Chasseur de rats, preneur de rats », « Bon sujet, sujet adroit, « C’est un Michel Morin »… », « Attaché à la culture, employé de jardin », « Marchande », « Ayant perçu un salaire ou une paie », « Jardinier, semeur ». Enfin, vous trouverez aussi quelques esclaves "apprentis" ou "en apprentissage", à partir de la recherche libre.
- • Vous avez la possibilité de rechercher les différentes personnes concernées par une activité en particulier en tapant une de celles précitées dans la fenêtre de recherche générale. Néanmoins quelques résultats pourraient être non pertinents en fonction de la chaîne de caractères entrés.
Problème de santé
Certains esclaves pouvaient être affectés par une ou plusieurs maladies. Les éléments concernant la santé des esclaves ont été regroupés autant que possible par catégories. Les rubriques ci-dessous sont suivies du contenu qu’on peut y trouver.
- • « Maladie » : danger de mort, mauvaise santé, maladif, convalescent, en traitement, faible de santé, mourant, langueur…
- • « Difformité, infirmité » : bosse, crochu, complexion, caducité, mal venu, nain, paralytique, impotent, valétudinaire, hors d'état, hors service, à charge, surâgé, vieux…
- • « Incommodités » : maux de membres, rhumatisme, boiteux, perclus, enflé, …
- • « Mutilation » : amputé, estropié, mutilé…
- • « Maladie touchant la peau et œdèmes » : érysipèle, hydropisie, dartre, enflement, galle, fistule, lèpre, crabes…
- • « Maladie respiratoire » : asthme, attaqué de la poitrine, oppression…
- • « Démence et épilepsie » : aliénation, folie, imbécilité, abcès à la tête, mal caduc…
- • « Maladie du tube digestif » : mal d'estomac, langue blanche, bouffi, mal de ventre, coliques...
- • « Problème de vue » : aveugle, mal aux yeux, borgne…
- • « Problème de surdité ou de langage » : sourd, muet, mutisme, bègue…
- • « Vieillesse » : grand âge, âgé, surâgé, caducité, à charge…
Dans cette rubrique, on trouve par ailleurs les catégories « Descente », « Hors de service », « Mort », « Hernie », « "vice" ou "vicieux" », « Dissolution », « Maladie rénale », « Piqué par un serpent », « Maladie vénérienne, petite vérole », « Pian », « Ulcère et "loupe" ».
- • Vous avez la possibilité de rechercher les différentes personnes concernées par un problème de santé en particulier en tapant un de ceux précités dans la fenêtre de recherche générale. Néanmoins quelques résultats pourraient être non pertinents en fonction de la chaîne de caractères entrés.
Estimation
Une valeur marchande était attribuée aux esclaves ; elle variait notamment en fonction du sexe, de l’âge, de la qualification et de la catégorisation ethnoraciale affectée à la personne esclavagisée. Le prix englobait parfois plusieurs esclaves voire des esclaves et des biens ; seules les estimations concernant uniquement l’individu ont été reportées ici. La valeur marchande s’exprimait au XVIIIe siècle en livres coloniales ou livres des îles, estimées à environs 2/3 de la livre tournois utilisée dans le royaume de France. Plus rarement, d’autres monnaies étaient mentionnées telles les moëdes, écus, pistoles ou piastres. L'esclave estimé seul l'est toujours en livres coloniales. Des tranches de 500 livres ont été arbitrairement fixées pour faciliter les recherches sur l’interface web.
- • Seule la recherche par tranche est possible pour l’instant.
Autres informations
Outre les catégories « Enceinte » et « Orphelin », on trouve dans cette rubrique :
- • la catégorie « Affranchi » qui concerne des personnes dont on mentionne l’affranchissement par mariage, testament, rachat, donation… À partir de 1713, l’affranchissement devait être validé par l’administration coloniale pour être officiellement reconnu comme valable. Plus tard dans le siècle, le maître dut s'acquitter d'une taxe d'affranchissement, autrement dit verser une somme d'argent à l'administration coloniale. Une donation de liberté inscrite chez le notaire n'était donc pas suffisante pour garantir à un esclave la reconnaissance de l’entière et libre jouissance de sa volonté sur le plan légal.
- • la catégorie « Marron ou prisonnier » qui inclut des esclaves en fuite ou emprisonnés.
- • la catégorie « Porté pour mémoire » qui indique des personnes citées à titre informatif, mais qui sont habituellement absentes/disparues/marronnes de l’habitation.
- • la catégorie « Esclave loué » qui correspond à des individus dont la force de travail était louée par leur maître à une tierce personne ; les esclaves possédant un savoir-faire particulier (charpentier, ébéniste…) pouvaient ainsi être amenés à travailler en dehors de l’habitation dont ils dépendaient.
Mention familiale
Dans les Antilles françaises, il est fréquent d’utiliser les notions de matrifocalité « fonctionnelle » ou « relationnelle » pour rendre compte du fonctionnement des familles serviles. La quasi-totalité des familles d'esclaves apparait dans les documents archivistiques du XVIIIe siècle martiniquais comme composée de la mère et de son ou ses enfants. Néanmoins, on trouve parfois mention de quelques couples, avec ou sans enfant, et plus rarement encore, de pères seuls avec enfants, la mère étant décédée. L’interface de recherche permet de retrouver aisément ces quelques pères reconnus ou ces hommes mariés.
Autres mentions / Autres caractéristiques
Ces deux rubriques contiennent des informations textuelles complémentaires autour de l’esclave ou de l’acte. Au fil des évolutions technologiques et des manipulations de fichiers, certaines cellules ont été tronquées dans leur contenu. Nous avons choisi de le signaler par la présence de points de suspension entre crochets […].
Volet « Patrimoine »
- • Dans le volet patrimoine, vous avez la possibilité de retrouver l’ensemble des actes contenant des données pour une rubrique spécifique en la sélectionnant dans la zone de critère.
Catégorisation socioraciale des propriétaires
« Personnes libres de couleur » et « Personnes blanches et assimilées »
Au XVIIIe siècle, à la différence du XVIIe siècle, le préjugé de couleur entraînait la stigmatisation des personnes libres non-blanches. Ces personnes que l’historien regroupe sous la terminologie de « libres de couleur » pouvaient être noires ou métissées, affranchies ou libres de naissance. Dans les documents officiels, plusieurs marqueurs venaient les distinguer des Blancs. Pour ces personnes, le rédacteur précisait le phénotype (voir section « Catégorisation ethnoraciale ») ou se limitait au qualificatif « de couleur ». Il signalait parfois aussi l’origine de la liberté (libre de naissance ou affranchi). Le nom était aussi presque toujours précédé de la mention « le nommé » ou « la nommée », alors que les personnes catégorisées blanches portaient les titres de civilité de « sieur » ou « dame ». Ainsi, dans la base, on peut trouver la « vente d'un quarré ou environ d'un quarré de terre par M.de Beauregard Destouches à la nommée Simonne mulâtresse libre », la « vente d'une case et terrain à la Rivière Salée par le nommé Simon Bonfils nègre libre au Sieur Jean Baptiste Wibler maistre charpentier » ou encore le « testament de la nommée Marthonne fille de couleur ».
On trouve aussi Zabeth Julière, unique cas de "caraïbesse", et Marie Luce Pereyre, "se disant originaire du Brésil". Ce dernier cas reflète une situation un peu particulière. En effet, sur le plan juridique, les Amérindiens étaient considérés comme naturellement libres, au même titre que les Blancs, contrairement aux personnes libres de couleur . Aussi, quelques personnes métissées ont utilisé cette appellation pour éviter d'être catégorisées comme personnes de couleur et de subir la stigmatisation propre à ce groupe. Ces personnes étaient originaires du continent sud américain et étaient arrivées à la Martinique, notamment dans la seconde moitié du XVIIe siècle, à l'occasion des conflits européens dans le plateau des Guyanes. Les personnes "se disant originaires du Brésil" pouvaient être d'origine amérindienne, mais ne l'étaient pas systématiquement comme pourrait le laisser supposer l’appellation. Pour ces quelques personnes « se disant originaire du Brésil » le fait que cette précision soit portée dans les actes montre bien qu’elles étaient malgré tout stigmatisées socialement par leur origine. Elles apparaissent donc aussi dans le critère « Libres de couleur » du volet « Patrimoines ».
La catégorisation et la discrimination raciale des individus relevaient de la construction sociale, c’est la raison pour laquelle quelques personnes non-blanches ont parfois échappé à la stigmatisation. La « couleur » pouvait ainsi être précisée dans un acte, changer dans un autre ou même être tue. En l’absence de mention dans l’acte, ces personnes étaient alors, au moins ponctuellement, « assimilées » aux personnes blanches.
On trouve ce cas, par exemple, dans les familles Merse et Lagodière. Marie Louise Camille Merse est précisée « fille de couleur », issue de légitime mariage de feu Sieur Jean Baptiste Merse et de Catherine Françoise La Godière (sic) lors de son mariage le 1er juin 1786 alors que rien n’est dit pour les mariages de ses sœurs Catherine Françoise (16 février 1778), Marie Françoise Scholastique (3 octobre 1780) ou encore Marie Félicité (6 novembre 1780).
La Révolution française a aussi conduit à la disparition temporaire de la stigmatisation des personnes libres de couleur. La manifestation de l’aspiration à l’égalité s’est traduite par une évolution du vocabulaire employé, phénomène que l’on retrouve dans l’état civil en 1792-1793. Les mots « sieur », « dame », « la nommée »… disparurent ainsi temporairement au profit du terme « citoyen » ou « citoyenne, la diversité des mentions « de couleur » se résuma à l’indication plus générale « homme de couleur » ou « femme de couleur » ou parfois même la stigmatisation s’effaça complètement. On peut toutefois présupposer de l’origine de certaines personnes par l’absence de nom de famille commun pour les personnes récemment affranchies et la seule mention d’une mère quand la filiation est précisée.Il en va ainsi pour le mariage de « Michel dit Cloux (citoyen), fils de Marguerite et citoyenne Marie Jeanne Dufour, fille de feue Adélaïde ». Ce phénomène s’arrête à la suite de l’occupation anglaise en 1794 qui entraîne le maintien des règles d’ancien régime dans la colonie.
- • Dans le volet « patrimoine », vous avez la possibilité de filtrer les données en fonction de la présence ou non parmi les propriétaires d’une personne stigmatisée sur le critère de « la couleur ».
« Né(e) en Europe »
La source mentionne parfois le lieu de naissance des personnes présentes dans l’acte.
- • Il est possible en cochant le critère « né eu Europe » de faire apparaître ceux des «propriétaires » concernés.
Production
Le volet « Patrimoines » met en lumière la diversité des cultures et productions bien que celles-ci ne furent pas systématiquement précisées. On y trouve les principales denrées d’exportations : le café et la canne (désignée sous ce terme quand elle est une culture mineure de l’habitation dans les catégories de recherche) destinée à la production de sucre, mais aussi à la production d’alcool (vinaigrerie, rhumerie, guildiverie), plus rarement le cacao (noté une fois « caco »), le coton, et marginalement de l’indigo.
Une partie importante des productions étaient destinées à répondre aux besoins de la population sur place. Elle comprend en premier lieu les cultures vivrières (« vivres du pays », fruits et légumes destinés à l’alimentation), dont essentiellement du manioc et de la banane, parfois du maïs (aussi appelé mil ou « milh »). Épisodiquement, il est signalé la présence de la patate, de l’igname, du riz, la casse et des arbres fruitiers, ainsi qu’un peu d’élevage.
En second lieu, il y a quelques fours à chaux (aussi appelé chauterie) et quelques poteries, ainsi que les plantes et le bois pour le chauffage ou la construction (canéficier, roseau, ou sans plus de précision « bois revenu », autrement dit destiné à être vendu).
- • Vous pouvez rechercher des patrimoines en lien avec une culture ou une production spécifique à partir de la liste dédiée en critère.
- • Les cultures qui s’affichent dans la rubrique « profession, activité » des propriétaires le sont par ordre d’importance. Ainsi, dans l’inventaire des biens d’Élisabeth Précheur veuve Thery, du 14 octobre 1771, la rubrique indique « café/manioc/cacao » ; il faut comprendre que l’habitation produisait davantage de café que de cacao.
Biens immeubles
Fonds de terre (en carré)
Les fonds de terre s’étendent de 0,5 à 830 carrés, témoignant des écarts de fortune qui existaient au sein des propriétaires. Ainsi, au moment de son mariage en 1798, Rose Félicité Delanoue « femme de couleur libre » possède un demi carré de terre et un peu de monnaie ; tandis qu’en 1785, Jean Louis Monnel procède à la donation de la moitié des biens échus des successions de ses père et mère à son frère François Monnel Maucroix comprenant 4 habitations-sucreries, 1 habitation-cotonnerie et 2 habitations en savane formant 830 carrés de terre (plus de 1072 hectares, soit près de 11 km²) et exploitant 820 personnes esclavisées.
Seule une partie du fond de terre est défrichée ou dédiée à la culture.
- • Vous avez la possibilité d’utiliser le filtre par valeur numérique sur la rubrique « fonds de terre ».
Cultures
Les cultures peuvent être caractérisées par la surface qu’elles occupent en carrés, mais aussi en nombre de pieds plantés notamment pour le café, le cacao et le coton, en pieds ou en touffes pour la banane et plus rarement par la valeur unitaire. La production du sucre amène parfois au comptage des formes où il est stocké, alors que les barils sont employés pour du café en parchemin, le manioc (en farine), le maïs. Les actes précisent de temps à autre l’état des cultures « beaux et rapportant », « bon à faire », « différents âges » « mauvais état » ou des plantations « en friches et abandonnées ».
Espace défriché (en carré)
L’ensemble du fond de terres n’était pas systématiquement cultivé. Le terme « habitué » désigne à l’époque les terres déboisées dans l’optique de les cultiver. Outre un défrichage au préalable pour l’exploitation des parcelles, certaines parties étaient destinées à d’autres usages tels les savanes pour le bétail.
Bois debout et bois à revenus (en carré)
Le bois est un élément indispensable à la survie sur l’habitation, qui permet de répondre tout à la fois aux besoins domestiques ou industriels de cuisson, de chauffage et de construction. Il est donc une ressource importante qu’il soit destiné à l’usage direct de l’habitation ou à en tirer des revenus.
Bâtiments
La section « bâtiment » contient les descriptions des bâtiments d'habitation et d'exploitation. Ces descriptions étaient plus ou moins détaillées dans les actes. Dans certains cas, seuls le type de bâtiment et sa valeur estimée étaient indiqués ; dans d’autres cas, il y avait aussi l’indication des dimensions, des matériaux, parfois de leur origine, de l’usage, de la distribution des pièces, des éléments d’architectures, l’emplacement des bâtiments les uns par rapport aux autres ou leur orientation dans l’espace, les équipements contenus, l’état de l’édifice… quelques fois cette rubrique contient aussi d’autres informations éparses (mention d’une rente, existence d’une jouissance, d’un occupant ou d’un locataire, d’une réclamation sur l’équipement, des précisions telles « le fond de terre étant au roi », « maison où logeait la défunte »...).
Cette section est particulièrement riche d’informations. Les lignes ci-dessous proposent un relevé non exhaustif de contenus pour vous guider sur les principaux éléments mentionnés et sur la diversité des formules employées (tant des variantes orthographiques que des descriptions associées).
Bâtiments, équipements, ustensiles
Destinées principalement à abriter les personnes qui y vivent, les maisons et les cases sont des bâtiments incontournables de cette section. Les maisons situées à la ville ou dans les bourgs (« maison du bourg et dépendances », « maison et terrains », « maison servant de boutique pour la forge », « maison en pavillon »…) ont généralement des descriptions succinctes. En revanche, les habitations donnent lieu à des développements plus longs rendant compte de l’organisation de cette unité de vie regroupant à la fois des espaces naturels mis en valeur ou non, des bâtiments domestiques et d’autres industriels.
Les maisons (« à demeurer », « à loger », « principale », « du maître »...) jouxtent les cases (« à nègres », « principale à loger », « à loger les économes », « de la servante », « pour loger le tonnelier », « servant de logement au jardinier », « servant de logement aux gardeurs », « servant de chambre pour les galleux »…). Pour les habitations caféières, la maison peut cumuler les fonctions domestiques et industrielles (« maison à loger servant aussi pour les caffés »). On notera en outre la mention à quelques reprises de « case d’ouragan » pour s’abriter à l’occasion des mauvais temps.
La case a diverses fonctions en dehors du logement des personnes ; elle est bien souvent un espace de stockage (« servant à mettre la poterie », « servant à mettre du bois », « servant de remise », « servant à mettre le coton », « pour mettre à l’abri les cabrouets », « à canot à l’embarcadère », « à bagasse », « à moulin », « à piller », « à formes », « à chaux », « à tiroir », « à farine », « de tourterelles », « à l’eau »...).
Pour les bâtiments d’une certaine importance, la distribution en pièces, chambres, appartements... et leur usage peuvent être précisé : salle, chambre à coucher, salon à manger, office, cabinet, galletas (« galetas », « galtas ») *=logement sous les combes*… très souvent la mention d’une galerie (« ouverte », « fermante », « carrelée », « planchée », « palissadée », « en maçonne », « pavée », « à sécher le café », « en carreaux de Provence », « en mur à chaux et à sable »...) sur une ou plusieurs faces, plus rarement la présence d’une cave , d’une décharge, d’un grenier.
Il faut comprendre le terme chambre dans son sens générique, comme synonyme de pièce (« chambre à coucher », « à loger », « pavées », « planchée », « servant d'hôpital », « pour le logement des nègres », « avec galerie », « pour l'économe », « pour le moulin à café », « à repasser »...)
Outre les maisons et les cases, les bâtiments apparaissent sous ce terme (« servant de lingerie », « servant d’hopital », « servant de latrine », « servant de commodités », « à ouragan »... ) ou peuvent prendre la forme de pavillon (« servant de boucan »), d’appentis (« apenti », « apenty », « servant à la tannerie », « servant de logement au coton », « servant d’écurie », « des cochons », « des fourneaux », « servant de bergerie », « servant d'écurie et de poullailler », « servant de case à farine », « servant à la vinaigrerie », « servant de cuisines », « pour les jarres à l'eau »s « servant d’hôpital », « servant à mettre le tafia », « servant de magasin », « pour chauffer », « pour les mulets »...), de magasin (« à vivre »), de manufacture (à café et à magnoc) ; plus rarement les actes signalent un hangar , une bâtisse (« servant de lieux communs »),une boutique, un « vieux taudis ou barraque».
Les bâtiments peuvent aussi être mentionnés directement par l’usage qui en est fait cuisine (« ayant une platine »), cabinet de commodités, lieux communs, économat…
La cuisine (« dans laquelle est une cheminée », « pour l'économe », « avec une mauvaise platine », « boulangerie », « des malades », « occupée par le raffineur »), souvent isolée pour éviter les incendies, peut inclure un potager et un four (à pain) voire une cheminée.
Les besoins en eau et autres liquides pour l’alimentation notamment contribuent à la présence de jarre (« à l’eau », « maçonnée » , « de Provence », « à rum », « à recevoir le tafia »), parfois de pierre à filtrer, de citerne (« voutée »).
Certains lieux possèdent une cour (« close », « pavée »…) , un jardin (« clos », « avec sa clôture », « clos par une lisière de campêche »…), jardin potager ou un verger.
Les espaces destinés aux animaux sont fréquents : colombier (« pigeons »), volière (« sur sol », « de tourterelles »), poulailler (« poulayer », « poullallier », « poulaillé ») aussi nommé « bâtiment pour la volaille », lapinière ( « fermée en portes treillées de fil d’archal, garnie de fer ») ou garenne… exceptionnellement une crabière. Certains espaces peuvent voir leur usage varier au fil du temps à l’image d’une « cage à poule ancienne garenne ». À noter, la mention d’une « caloge à vollaille »*=cabane à partir d’un ancien bateau*. Le bétail est le plus souvent contenu dans des parcs (à cochons, à mulets, à bœufs, à moutons, « pour contenir les bêtes cavalines »... ), ou abri (« pour les moutons et cabrits », « bêtes à cornes »...), bergerie… Pour les écuries (« crèche », « ratelier », « pavé ») et les lapinières, l’acte renseigne parfois le nombre de loges, places, chambres ou cages.
Sur les habitations, l’activité industrielle se traduit le plus souvent par l’existence d’un moulin fonctionnant à eau ou à bête (à bœuf, à mulet, à cheval,) ; si l’on pense d’emblée au moulin destiné à broyer la canne à sucre, il en existe bien d’autres (« à magnoc », « à café », « à coton »...). On en précise parfois les composants (ses « mouvements », « pivot », « arbre de la roue », « les bras », « le balancier », « le rouet », « le canal », « les rolles » ou « rôle », « tambours », « cylindre », « chassis », « table », « perche », « crapodine », « ébichet », « gouttière » de bois ou de plomb) .
Pour les habitations sucrières, les bâtiments les plus fréquents sont la sucrerie, la purgerie, l’étuve, parfois une rhumerie ou une vinaigrerie. Les habitations caféières font en général mention d’une sécherie appelée boucan (« bouquant », « boucan volant ») ou case à café. On retrouve exceptionnellement un boucan « pour faire sécher le coton ».
Les actes précisent avec plus ou moins de détails les équipements et ustensiles que l’on peut trouver dans les bâtiments ou autour. Le bac (« baque », « bacq », « à sirop », « à vesou », « à laver le café », « à forme », « à terre », « à vuidange », « de maçonne », « en mur », « en madrier de sape »…) est présent aussi bien pour la production du sucre que du café.
Pour la production de canne à sucre, il est fréquent de lister la case à bagasse ou le parc à cannes, la chaudière (« montée », « à sirop », « à sucre », « à tafia », « pour l’eau de chaux », « batteries », « servant de fontaine », « servant à faire des fondus) », les fourneaux, le rafraîchissoir, le canot (« à piler le sucre », « à piler en madrier à clef », « à grager », « servant à brouiller la terre pour terrer le sucre ») et pilon, les formes et pots, parfois un bec de corbin (*=ustensile servant à transvaser le sirop*), un écumoire, une cuillère, la présence d’un coffre (« de fer », « à feu ») servant de fourneaux dans l’étuve la transformation en alcool implique la présence de chaudière, chapiteau, couleuvre (d’étain, à l’anglaise), pièces ou barriques à grappes.
Pour la production du café, on trouve le plus souvent les caisses (« roulantes ») ou tiroirs (« avec limandes ») parfois des planchers (« servant à mettre des caffés »), glacis ou encore « un pavé dont moitié enduit pour faire sécher les caffés avec un mur devant ».
Quelques outils sont recensés : masses, pinces, barres à mines, meule à aiguiser.
Les actes font parfois aussi état de la présence de gragerie ou case à farine pour le manioc. La grage ou râpe, la presse (« à farine », « avec son canot et la table »), la platine (« montée », « à farine ») ou « poelle de cuivre pour faire la farine » permettent sa transformation.
De temps à autre, on signale une forge, une tonnellerie (avec son stock de « merrain »), une charronnerie *=Fabrication des chariots*, plus rarement on peut lire la mention d’un « cavot », de four à chaux, d’un parc à roche, d’un cachot, d’un lieu de sûreté.
Quelques habitations signalent l’existence d’une cloche, d’autres possèdent de quoi peser leur produit, il est alors mentionné le fléau (« de fer ») garni de cordes ou de chaînes, avec plateaux (« de bois) » , et les poids (« de fer », « de plomb »),
Pour le transport, on trouve des cabrouets (« roue », « essieu », « de galba »), tombereau, exceptionnellement un cabriolet, parfois des canots (à naviguer, à pêche) et la mention d’un embarcadère.
L’eau est captée et acheminée via un canal souvent vers le moulin ou dans les bâtiments, parfois au jardin. Elle nécessite des aménagements comme la digue ou le batardeau (« butard d’eau ») pour la retenir et en contrôler le débit, l’existence d’espaces pour la stocker (« marre », « réservoir ») exceptionnellement, on note la présence d’un pont et d’écluses. L’eau de pluie est aussi récupérée au moyen d’une gouttière avant d’être stockée dans des jarres.
Matériau, origine et technique
Pour les bâtiments, les actes donnent habituellement les matériaux utilisés pour le sol, l’élévation et la couverture, et précisent parfois l’origine ou la technique. Parfois, l’information reste plus générale comme « case en bois de campêche ».
Le sol (« solle », « sole », « solage », « saulage »…) peut être fait en maçonne, en carrelage (« carrelé », « quarellé », « carlage », « quarreaux », « carreaux de Provence », « carreaux de Normandie », « en pierre ») ou non carrelé ; il peut être en bois et posséder un plancher ou double plancher (« en bois de sape », « sape du nord », « du bois du pays », « en madriers et planches de courbaril et dacouma (sic) », « au dessus des caisses »...). Parfois, l’acte indique que le sol est « sans plancher ni solage », « non sollé » (« saulé »).
Dans certains cas, les élévations sont formées de maçonnes (« massone »), mur (« de terre blanchie », « terre blanche », « à chaux et sable », « en mortier de terre », « terre crépi en chaux », « crépi à chaux et à sable »…) ou pierre de taille, parfois « pierroté à chaux et à sable » (« pierrotage » *=combler l'espace entre deux poteaux de soutènement en bois par des pierres enchâssées entre colombages *) ; elles sont le plus souvent « en charpente », palissadées (« pallissadé ») ou lambrissées, en planches (« planché », « planchéié »), madriers ou chevrons (« cheuvron »), en gaulettes (« goélettes », « gol », « golettes », « golletée », « platrées »). Les matériaux : divers bois (« de pays », « rond », « brut », « incorruptible », « mou », « en planche de rebus du pays »), dont sape (« sappe », « blanc », « du nord »), en pailles, parfois en roseaux, en pieux.
La structure est composée de fourches en terre de bois (« à grandes feuilles », « chandelle », « de galba », « de calba », « mille branches et olivier », « d’angelin »…) et de poteaux en terre ou en bois (« d’accoma », « acouma », « bois incorruptible », « de bois d’inde », « de poirier », « de gayac »), exceptionnellement « garnis de fer blanc ».
Le toit ou couverture peut être fait en ardoises, tuiles (« thuille », « tuilles », « creuses », « à canal », « maçonnées »), essentes (« de balata », « de sape », « anglaise », « de chêne », « du nord », « planchées », « de poirier »), paille, et même une fois « de pieux ».
Que ce soit le sol, l’élévation ou la couverture, la rareté et la cherté des matériaux conduisent à des assemblages hétéroclites, partie ceci, partie cela.
Les matériaux sont aussi parfois donnés pour les équipements et certains aménagements. À titre d’exemple : chaudière (« en cuivre »), platine (« brique »), rolle (« bois de courbary »), bac à vesou (« en madrier de sape »), canot (« de courbari »), couleuvre (« d’étain »), chapiteau (« cuivre »), parc (« en mur », « en pieux », « pavé »), clôture (« de raquette »), glacis (« de roches maçonné », « carrelé », « en carreaux de Provence », « en pierre plate », « en roche plate »), comble (« en balata de sciage », « en bois de poirier »), caisses à tiroirs avec limandes (« en bois de gommier »), cloche (« de fonte »), limandes (« de bois d’inde », « de bois de gommier »).
Quelques éléments contiennent du plomb (« gouttière de plomb pour conduire le vesou », poids, dalle).
États des biens
Enfin, l’état des biens contribuant à la valeur attribuée, il est parfois précisé pour justifier les prix. Les bâtiments peuvent être décrits comme en bon ou mauvais état (« neuve », « excellent », « bon état », « vieille », « mauvais état », « paraît avoir perdu son aplomb », « dégradée », « délabrés », « très détériorée », « tombant en ruine », « menaçant ruine », « case prête à tomber », « ayant dépéri », « détruite »,…). Certains biens ne sont pas achevés (« non achevé », « en construction », « au quart achevée »…), d’autres nécessitent ou ont nécessité des interventions ( « changés et refaits à neuf », « rétablies depuis l’ouragan », « nouvellement réparé », « ayant besoin de réparation », « réparation urgente à y faire », « besoin de réparations conséquentes et urgentes », …). Les éléments en bois en particulier s’abîment ( « pourris », « un peu avariées », « moitié mangée », palissade « mangée par les poux de bois », galerie « en partie gatté », « poteau rongés ras de terre »…) La pierre n’est pas à l’abri (« mi usé », « lézardés »). Certains objets sont abîmés ou hors service (« feslée », « fendu », « cassée », « chaudière brisée », « platine hors de service », « carreaux tout cassés »… )
Pour ceux et celles qui voudraient découvrir :
- un acte décrivant dans le détail les biens, vous pouvez lire la description contenue dans l’inventaire du 5 février 1776 de l’habitation Soudon.
- un acte écrit dans un français non maîtrisé, vous pouvez lire la description dressée à l’occasion du mariage de Guillaume Carveau dans l’acte du 21 juillet 1789.
Biens meubles
Biens culturels
Bien que peu mentionnée dans les actes, la possession des livres, de tableaux et d’autres œuvres artistiques est intéressante pour appréhender la diffusion et l’accès à certains types de biens culturels.
Dans quelques actes, on trouve ainsi des livres, parfois des dictionnaires (dont certains sont précisés portatif), brochures, recueils, et autres ouvrages constitués ou non en bibliothèque. Exceptionnellement, un acte signale quelques cartes géographiques ou bien encore un registre, divers mémoires écrits "de la main du défunt".
Quand les titres sont donnés, les livres révèlent la variété des intérêts et des besoins de leurs lecteurs : présence de matériel et de livres liés à la pratique professionnelle de la chirurgie, poèmes, grammaire anglaise, recueils et cahier (cayer) de musique…
Certains possèdent des tableaux, gravures ou estampe, exceptionnellement des tapisseries, une autre fois des figurines en cire et le tour pour tourner la cire.
Plusieurs portraits (en miniature, de famille, d'enfant...), images vitrées et glaces, miroir sont recensés.
Espèces monétaires
Si la monnaie de compte officielle est la livre, celles en circulation sont plus diverses (et souvent insuffisantes) pour les besoins des îles. Les actes recensent ainsi des monnaies d'or, pistole (espagnole) et moëde (portugaise), et des monnaies d’argent, gourde (espagnole).
La valeur de la livre coloniale ayant cours dans les colonies françaises est plus faible que la livre tournois dans le royaume.
Les unités de compte étaient la livre, le sou et le denier. La livre valait 20 sous (soit 240 deniers) ; un sou valait 12 deniers.
Objet précieux
Cette rubrique recense la valeur des objets composés ou garnis de métaux précieux : or, argent, quelques fois des diamants. Parfois, seul le poids en marcs (1 marc = 244,753 grammes ) est exprimé. Dans d’autres cas, l’acte donne le détail des objets. On y trouve des bijoux ou éléments de parures : agrafe, montre (parfois avec chaîne ou boîtier), poignet de canne, éperons, bague, collier, bouton (à manche, pour gilet), pendant d’oreille et autres breloques. Dans la maison, l’argenterie et l’orfèvrerie se déclinent sous forme de couverts, cuillère à soupe, couteau, vaisselle, tabatière, pot et cuvette, flambeau, boîte, étui, cassolette, cassette, meuble, jeton, dé, cachet.
On croise quelques armes : poignet d'épée, pistolet garni d'argent, un sabre à poignet de cuivre.
Esclavage
Esclaves
La Martinique s’étant construite sur l’esclavage, on trouve la présence des femmes et hommes exploités au cœur du patrimoine des personnes libres. Quand ils sont signalés, leur nombre varie de 1 à 820 selon les actes et il est parfois accompagné d’une information complémentaire : précision d’un lieu, la présence d’un nourrisson, d’un esclave à libérer, réservé dans une vente, légué par testament…
- • Quand cela a été possible, un lien a été fait entre les esclaves listés dans le volet dédié et le nombre indiqué au patrimoine.
- • Vous avez la possibilité d’utiliser le filtre par valeur numérique sur la rubrique «esclaves ».
Case « à nègres »
Les cases petites ou grandes étaient une simple pièce ou un bâtiment plus vaste comportant plusieurs chambres.
Jardin à « nègres »
Alors que l’alimentation pour nourrir les hommes et femmes réduits au statut d’esclaves était indispensable à leur survie, seule une dizaine d’actes signale explicitement l’existence de « jardin à nègre ».
Élément de coercition
Les actes permettent parfois d’entrevoir des éléments propres à l’existence de l’esclavage. On relève des lieux d’enfermement ou pouvant être ponctuellement réservés à cet usage : cachot, lieu de sûreté, tourelle. Quelques entraves corporelles sont recensées : carcan, chaîne avec jambière, chaîne avec piton, barre de fer, menotte et cadenas, collier, fer à enferre, chaîne avec billot et goupille, cheville... On note aussi une fleur de lys qui fut peut-être employée pour le marquage et divers instruments pour les châtiments corporels (piquoir, rigoise, fouet).
Hôpital
Il s’agit d’un bâtiment ou d’une simple pièce destinée à l’accueil des malades. L’hôpital est rarement mentionné dans les inventaires, pourtant l’ordonnance royale du 15 octobre 1786 stipulait qu’un hôpital devait être obligatoirement établi sur les habitations de plus de 20 esclaves, et être meublé de lits de camp, de nattes et de grosses couvertures.
Situation financière : actifs et dettes
La base de données comporte plusieurs éléments permettant de mieux connaître la valeur estimée en livres des biens des propriétaires.
- • L’actif brut correspond à l’actif avant déduction des dettes.
- • Les dettes actives sont les sommes dont le propriétaire est le créancier, ce qu’autrui lui doit.
- • Les dettes passives sont les sommes dont le propriétaire est le débiteur, ce qu’il doit à autrui.
- • Le montant actif net total correspond à l’actif brut moins les dettes passives.
La valeur d’une habitation est déterminée en considérant plusieurs éléments ; pour l’essentiel, il s’agit du fonds de terre, des bâtiments d’habitation et d’exploitation, du matériel et des outils d’exploitation, des animaux, des esclaves. On peut aussi prendre en compte les recettes et les dépenses d’exploitation réalisées et à venir pour les cultures et leur transformation, autrement dit inclure les revenus nets ou produits nets tirés des plantations et les produits finis ou stockés.
Ces rubriques peuvent contenir des valeurs chiffrées ou non. Les droits successoraux, les biens issus de la communauté des époux, parfois des biens possédés ailleurs, des meubles meublants, voire des outils, peuvent être signalés et inclus à l’actif sans pour autant être précisément chiffrés.
- • Vous avez la possibilité d’utiliser le filtre par valeur numérique sur les rubriques « actif brut », « dettes actives », « dettes passives », « actif net », « revenu net des plantations » et « produits finis ou stock ».
Compléments d'informations sur diverses données
Nom des esclaves
Un prénom ou un surnom était le plus souvent attribué aux esclaves. Ils ne possédaient par contre pas de nom de famille.
Certains noms d'esclaves sont suivis entre parenthèses d'une abréviation de nom de lieu ou d'un nom de personne
- • nom d'une personne : cela peut arriver quand le maître est une autre personne que les actants principaux de l’acte. Une information complémentaire figure alors parfois dans l’onglet « Autres ».
- • nom de lieu : actuellement, la base contient 248 actes notariés, surtout des mariages, qui font référence à deux lieux différents. Les esclaves au sein d'un même acte peuvent donc provenir de lieux différents, comme dans le "contrat de mariage du Sieur Antoine Joachim Fournier Des Ravinières et de Demoiselle Marie Anne Élisabeth Courtois" : Dominique et Honoré sont associés à Roseau île de la Dominique, Forose, Sophie Marie Claire, Ambroise et Jean sont associés à Trou-au-Chat (aujourd'hui Ducos) à la Martinique. Dans l'affichage, on a donc Honoré (Isle Dom.) et Forose (TC), un rapide coup d'oeil à "lieu(x) de l'acte" permet de voir à quoi correspond l'abréviation.
Vous pouvez aussi vous référer à cette liste : Les Anses-d'Arlet (AA), Basse-Pointe (BP), Ducos (Trou-au-Chat) (TC), Le Diamant (D), Fort-de-France (FDF), Le François (F), Gros-Morne (GM), Le Lamentin (L), Le Lorrain (Grand'Anse) (GA), Macouba (MA), Le Marin (M), Le Prêcheur (P), Rivière-Pilote (RP), Rivière-Salée (RS), Le Robert (R), Sainte-Anne (SA), Sainte-Luce (SL), Sainte-Marie (SM), Saint-Esprit (SE), Saint-Pierre (SP), La Trinité (T), Les Trois-Îlets (TI), Le Vauclin (V), La Dominique (Isle Dom.), La Grenade (GRE), La Guadeloupe (GD), Sainte-Lucie (Ste Lucie).
Nom et profession des actants et propriétaires
Les personnes libres qui ont pris part aux actes notariés ne font pour l’instant pas l’objet d’un fichier de collecte spécifique. Néanmoins, il est possible de les retrouver en utilisant le champ de recherche libre des différents volets. Parmi les activités récurrentes des actants que vous pouvez rechercher, on trouve des habitants caféiers ou sucriers, mais aussi des personnes possédant des habitations cotonnières, cacaoyères, vivrières, des fours à chaux aussi appelés chauteries, des poteries. La base contient encore des personnes ayant des habitations en savane et habitations en élevage, des rhumeries, guildiveries, vinaigreries et aussi des habitations abandonnées (par des déportés, émigrés, embarqués, absents, hors de l'île). Mais les habitants et habitantes ne sont pas les seuls présents dans les actes ; on trouve aussi des géreurs, géreurs de biens, régisseurs, économes... Toute la diversité des activités administratives, militaires et économiques sur l'île se lit ensuite par la présence des fonctionnaires royaux (procureur, arpenteur, etc.), des capitaines ou lieutenants officiers de milice, et plus largement des personnes appartenant à l'armée, des notaires, avocats, curés, commis de police, des négociants, marchands, chirurgiens, docteur en médecine, maître en l'art et science de chirurgie, pêcheurs, boulangers, bouchers, aubergistes, marchands graissiers, boutiquiers, tenanciers d'une salle de jeu, cabaretiers... Les artisans sont aussi nombreux : charpentiers, maçons, menuisier, tailleur, cordonnier, tonnelier, forgeron, sellier, maréchaux-ferrants, dont certains sont maîtres dans leur artisanat. Parfois une même personne a plusieurs activités renseignées, comme Pierre Antoine qui est perruquier et tambour. L'on trouve même une ambassadrice ! Certaines professions n'étaient légalement pas accessibles aux Libres de couleur, comme la médecine et la chirurgie à partir de 1764, un emploi chez les greffiers, notaires, procureurs et huissiers à partir de 1765 ou encore les métiers d'apothicaires ou droguistes à partir de 1769.
Vous noterez que l'orthographe des noms patronymiques n'est pas définitivement fixée à cette époque et qu'il est parfois nécessaire de tester plusieurs chaînes de caractères pour couvrir les différentes graphies possibles d'un nom à partir de sa phonétique.
- • Vous avez la possibilité de rechercher l'une de ces informations en utilisant le champ de recheche libre de la base "esclaves" ou de la base "actes". Pour obtenir un maximum de résultats, nous vous conseillons d'effectuer la recherche dans les deux bases.
L’expression « Pour mémoire »
L’expression « pour mémoire » ou parfois le seul terme de « mémoire » dans les actes désigne des éléments dont on souhaitait rappeler l’existence bien que leurs valeurs ne fussent pas estimées ou estimables. Un esclave marron pouvait ainsi figurer dans un inventaire accompagné de la mention « mémoire », tout comme l’existence de dettes actives ou passives, de denrées abîmées ou invendues, de bâtiments en ruine ou de matériel hors service…
Inventaire et recollement
Inventaire, liquidation de la succession, reconnaissance de droit et partage sont des opérations qui sont le plus souvent réalisées au sein d’un même acte, mais il arrive que ces opérations soient scindées en plusieurs actes. Certains patrimoines figurent donc à plusieurs reprises dans des intervalles relativement réduits. Le même phénomène est observé lors de recollements (opération de contrôle, mise à jour d’inventaire).
Terminologie d’antan.
Sur les mesures
Distance et surface
Le libellé de l’acte donne un rapide aperçu de son contenu. Il mentionne parfois des quantités de terres exprimées en « quarré » ou carré. Cette unité de mesure de superficie équivaut à un carré de cent pas de côté ; le « pas », unité de longueur, équivalait à 1,137 mètre à la Martinique. Le carré était de 1,2927 hectare. Il est à noter que les mesures différaient d’un territoire à l’autre. Ainsi, à la Guadeloupe, le pas était de 0,974 mètre et le carré de 0,9496 hectare.
Monnaie de compte
Les unités de compte étaient la livre, le sou et le denier. La livre valait 20 sous ou sols (soit 240 deniers) ; un sol valait 12 deniers.
Le 25 janvier 1780, l'acte d'inventaire des biens de Pierre François Desmé Ducormier mentionne 779.2.6 à la rubrique "Espèces monétaires » ; il faut comprendre que l’homme avait en sa possession 779 livres 2 sols et 6 deniers.
Comprendre les signes
- • […] indique une information tronquée.
- • [?] seul, indique l’impossibilité de lire la donnée.
- • [?] derrière une information, indique que l’auteur n’est pas certain de la lecture qu’il a faite de la source.
- • (sic) pour préciser que ce qui précède est cité sans aucune modification. La retranscription dans la base respecte donc la graphie employée dans la source. Exemple "Phrederic (sic)" car le lecteur pourrait s'attendre à la graphie "Frederic" et croire à une erreur de saisie.
- • n.i. (ou « néant ») abréviation de « non indiqué » indique que la donnée n’était pas indiquée dans la source alors que l’auteur s’attendait à la trouver et confirme qu’il ne s’agit donc pas d’un oubli de relevé de la donnée.
- • ill., abréviation de « illisible », indique que l’état physique du document ne permet pas de récupérer la donnée
- • “chiffre +” indique qu’il manque une donnée chiffrée pour cause d’illisibilité
Pistes pour la recherche généalogique en ligne
Si vous êtes à la recherche d'un ancêtre qui a été esclave à la Martinique, les principales autres bases de données à consulter sont :
- • Banque Numérique des Patrimoines Martiniquais
- • Anchoukaj.org Les noms de familles guadeloupéennes et martiniquaises"
Ces deux bases s'appuient sur les registres d'individualités des nouveaux affranchis, registres dans lesquels les anciens esclaves ont reçu un nom de famille suite à l'abolition de l'esclavage en 1848.