Esclavage en Martinique

Base de données indexant plus de 3 200 actes notariés du XVIIIe siècle et recensant plus de 14 700 personnes au statut d'esclave dans la société coloniale en Martinique



Notice informative

L’usager trouvera dans les lignes qui suivent quelques explications pour mieux appréhender :

  • • Les données telles qu’elles figurent dans les actes notariés du XVIIIe siècle et dans la base de données,
  • • Les ensembles ou groupes de données qui ont été constitués par l’auteur et les personnes qui ont travaillé sur la base de données pour faciliter la recherche (formulaire avancé).

Des astuces pour effectuer des recherches dans les bases de données sont disponibles dans les encadrés contenant le symbole .



Introduction

Esclavisation, esclavisé, esclavagisé sont autant de termes qui, peu connus du grand public, émergent de plus en plus au sein de la communauté scientifique pour souligner le processus de mise en esclavage et le fait qu'une personne n'est pas esclave par nature. Néanmoins, pour l'interface de la présente base de données, le choix s'est porté sur l'utilisation des termes d'esclavage et d'esclave, tels qu’ils étaient en usage dans les sources. Ainsi, le nom de domaine « esclavagemartinique » a été retenu ; pourtant, la base de données traite bien plus que la question de l'esclavage. De même, il existe un volet de recherche « esclaves » bien que la population servile ne saurait se réduire au seul statut juridique qui lui a été imposé. La base de données a été constituée à partir d’actes notariés qui sont en cours de dépôt aux Archives territoriales de la Martinique. Elle possède deux volets de recherche.

Le volet "actes notariés" recense ces derniers avec notamment leur libellé, la date, le lieu, le type d'acte et le notaire qui les a enregistrés. Il s'agit pour l'essentiel de ventes, d'inventaires de succession, de contrats de mariage, de testaments, de donations... ayant eu lieu surtout dans le sud de la Martinique dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Mais l'on trouve d'autres actes, dont des affranchissements.

Le second volet liste tous les individus "esclaves" apparaissant dans chaque acte. C'est là le cœur de la base qui permet de mieux connaître la population servile. Chaque enregistrement correspond à la mention d'un esclave dans un acte ; un individu peut donc apparaître plusieurs fois dans la base. La fiche "esclave" renseigne notamment sur le nom de la personne, mais aussi sur toutes les informations connues à son sujet dans l'acte où elle apparaît : sexe, âge, catégorisation ethnoraciale, activité ou qualification, état de santé, la valeur qu'on lui a assignée... et aussi ses relations familiales. Les deux volets étant liés, il est possible de circuler entre la fiche d'un acte et la fiche d'un esclave. Il est aussi possible de passer de la fiche d'un esclave à celle d'un autre esclave quand ceux-ci ont des liens familiaux connus ou quand il existe une concordance vraisemblable d'individu entre une ou plusieurs fiches.

Cette masse de documents anciens, qui portent les marques (pour ceux qui ne savent pas signer) ou les signatures (pour les plus instruits) des acteurs et témoins de ce lointain passé, laisse transparaître l’histoire riche et complexe de la société d’alors. On y voit les traces des petits et grands moments de la vie : le mariage, affaire de sentiments tout autant qu’affaire économique, les dernières volontés d’une personne sur son lit de mort, l’inventaire détaillé des biens parfois modestes qui montrent la rareté et la préciosité des objets de l’époque…

C’est également le système esclavagiste tel qu'il a été mis en place et pratiqué à la Martinique, qui apparaît avec ses règles mouvantes, ses ambiguïtés et ses contradictions internes ; des hommes et des femmes, étant toujours prompts à contourner la loi, si cette dernière n'allait pas dans le sens de leur intérêt particulier.

C’est aussi surtout bien souvent la dureté de la vie pour les hommes et les femmes déportés et réduits en esclavage, leurs ventes et rachats, leurs maladies, leur fuite des plantations qu’il est donné de voir, avec parfois des moments plus heureux comme un affranchissement, un mariage ou un service militaire qui libère…

Dans tous les cas, on est projeté avec réalisme dans divers instants parfois touchants de la vie quotidienne des uns et des autres, qui invitent à une meilleure connaissance de ce passé pour tout un chacun.

Retourner au sommaire

Utiliser au mieux les fonctionalités techniques de recherche dans les bases

Informations générales sur la recherche

  • • Pour afficher toutes les données de l'une des bases, laissez le champ de recherche vide et cliquez sur le bouton « Rechercher ».
  • • Pour afficher les données qui répondent à certaines caractéristiques, cochez les critères de sélection.
  • • Vous pouvez également cumuler un terme de recherche avec les critères de sélection : soit en saisissant d’abord votre terme de recherche puis en cochant les critères, soit en cochant les critères, en ajoutant un terme dans le champ de recherche, puis en cliquant sur le bouton « Rechercher ».
 

À l’intérieur des différents types de critères (sexe, âge...), les données sélectionnées se cumulent. Par exemple en sélectionnant [2 à 9 ans] et [10 à 19 ans] dans la rubrique âge, l’ensemble des personnes âgées de 2 à 19 ans s’affichera en résultat.

Entre différents types de critères, le résultat renvoie les personnes répondant à l’ensemble des critères sélectionnés. Par exemple, en cochant [femme] et [20 à 29 ans], vous obtiendrez l’ensemble des femmes qui ont entre 20 et 29 ans.

Retourner au sommaire

Recherche libre

  • • Le champ de recherche libre de la section « recherche “esclaves” » brasse les données textuelles : nom, catégorisation ethnoraciale, activité ou qualification, problème de santé de l’esclave, mais aussi les éléments du libellé de l’acte, les noms et activités des actants.
  • • Le champ de recherche libre de la section « recherche “actes notariés” » brasse uniquement les données textuelles du libellé de l’acte.
  • • Le moteur recherche une chaine de caractères. [Louis] donnera des résultats pour Louis, Louise, Louison…
 
Retourner au sommaire

Comprendre les données et utiliser au mieux les critères de sélection

Âge

Pour les enfants de moins de 2 ans, les âges mentionnés sont souvent exprimés en mois dans la source. Ces âges ont été systématiquement ramenés à un ratio sur 1. Une personne âgée de 0,9 ans dans la base, est en fait âgée d’environ 11 mois et non de 9 mois.

  • • Seule la recherche par tranche d’âge est possible pour l’instant
 
Retourner au sommaire

Catégorisation ethnoraciale

« couleur »

Au XVIIIe siècle, le système colonial et esclavagiste des Antilles se structurait autour du « préjugé de couleur », un système social et juridique de hiérarchisation raciale, discriminant les personnes ne pouvant se prévaloir d’une ascendance comme blanche, ou réputée telle. Ce préjugé transparaît dans les sources par l’existence d’un vocabulaire classifiant et hiérarchisant les personnes « non blanches » en fonction de la génération de métissage supposée et en fonction des caractères phénotypiques, autrement dit la couleur de la peau, particulièrement, mais aussi les traits du visage ou le type de cheveux. Dans les documents, on retrouve ce vocabulaire spécifique à chaque territoire tant pour les esclaves que pour les personnes libres de couleur. Les informations ci-dessous s’entendent pour la Martinique au XVIIIe siècle.

  • • Les termes « Nègre, négresse, négrillon, négritte… » servaient à décrire des individus « noirs non métissés ».
  • • Les termes « Griffe » ou « Câpre, câpresse, cabre, cabresse, cabriste… » servaient à décrire des individus noirs métissés se rapprochant des caractères apparents des personnes noires, issues de l’union des « mulâtres » et des « nègres ».
  • • Les termes « Mulâtre, mulâtresse » étaient perçus comme l’expression générique du métissage. Cela décrivait plus spécifiquement les personnes issues de l’union des Noirs et des Blancs.
  • • Les termes « Métis, métisse, mestif, mestive, metif, … », « Quarteron » ou « Mamelouque » servaient à décrire des individus métissés clairs de peau se rapprochant des caractères apparents des personnes blanches. Les termes « Métis, métisse, mestif, mestive, metif, … » servaient à décrire des personnes issues de l’union des « mulâtres » et des « Blancs », le terme « Quarteron » servait à décrire des personnes issues de l’union des « métis » et des « Blancs », enfin « Mamelouque » était utilisé pour évoquer des personnes issues de l’union des « quarterons » et des « Blancs ».
« Né(e) en Afrique »

La source apporte aussi parfois une information sur l’origine africaine d’une personne. On trouve ainsi des personnes dites : Arada (Arrada) Bambara, Bourriqui, Bibi (Biby, Dibi), Caplaou (Capelaou), Capvert (Calver, Calvair), Congo, Ibo (Hibo, Ibaud, Ybeau, Ybo), Gandou, de Guinée, Mandingue, Mine (Mine d'or, Medor), Moco (Mocho, Mocou), Poulard (Poularde, Polard), Qiamba (Kiamba), du Cap-Vert, de terre Mozambique, de terre Quissi, de terre Soso, de terre biby (ou bibi), ayo (ou ago), agosie ?, piapia, hundy, barbe, popot, gombé, boudou, sureau, tonnelle, timbou, beaubens, golan, acatta, coins, paquem, anan ?, tontrin, zizi, bomba, aquier (ou aguier), boucard, beaucal, capos et monsa.

Les Africains et Africaines se retrouvent aussi à travers les appellations "nègres nouveaux" et "négresses nouvelles", qui les distinguent des personnes dites "créols" ou "créoles", autrement dit de ceux et celles nés aux Îles.

  • • Vous avez la possibilité de rechercher les différentes personnes concernées par une ethnie en tapant une de celles précitées dans la fenêtre de recherche générale. Néanmoins quelques résultats pourraient être non pertinents en fonction de la chaîne de caractères entrés.
 

Lors de la collecte de données, ces deux types d’informations ethnoraciales ont été regroupées en une seule et même cellule. Elles figurent dans le tableau des résultats et dans la fiche de chaque individu telles qu’elles sont mentionnées dans la source. Si l’information n’a pas été explicitement précisée dans les sources, mais que l’auteur de la base de données a pu déduire la classification probable par le croisement et l'analyse des informations ; un code a été appliqué et reporté : « Nègre (par déduction) » ou « Griffe, câpre, mulâtre, métis, quarteron, mamelouque… (par déduction) ».

Deux cas particuliers, au moins, pourraient illustrer dans cette base les incohérences de la construction sociale du système racialiste. Deux jeunes esclaves furent décrits dans la source comme « négrillon » ou « négritte » ; ils étaient donc a priori noirs non métissés. Pourtant, la mère du premier fut dite « capresse », celle de la seconde « mulâtresse » ; l’auteur de la base les a donc codés comme « Griffe, câpre, mulâtre, métis, quarteron, mamelouque… (par déduction) ». En effet, au vu de la catégorisation des mères, ces enfants étaient des personnes métissées. Il est néanmoins possible qu’il s’agisse d’une simple erreur du rédacteur de la source.

Retourner au sommaire

Activité, qualification

Certains esclaves possédaient une activité ou une qualification, voire plusieurs. Les éléments concernant les activités des esclaves ont été regroupés autant que possible par catégories. Les rubriques ci-dessous sont suivies du contenu qu’on peut y trouver.

  • • « Services rattachés à la grand’case » : servant, valet, domestique, ménagère, cuisinier, marmiton, bouteiller, boulanger, blanchisseuse, lessivière, brodeuse, couturière, nourrice, perruquier…
  • • « Fonctions paramédicales » : accoucheuse, infirmière, sage-femme, hospitalière, apothicaire, aide-chirurgien, chirurgien…
  • • « Métiers de la mer » : patron, marin, matelot, canotier, calfat, nage, pêcheur, maître de seine…
  • • « Artisans » : scieur de long, charpentier, menuisier, couvreur, maçon, cordonnier, tailleur, potier, faiseur de chaises, forgeron, matelassier…
  • • « Ouvriers d’habitation » : ouvrier, manœuvre, monteur de chaudières, raffineur, chauffeur de la sucrerie, tonnelier, muletier, moulinier, cabrouettier, charretier, charron, vinaigrier, rhumier, sucrier…
  • • « Cadres du jardin » : commandeur, commandeuse…
  • • « Intégration à l'armée » : enrôlé, engagé, pionnier, lieutenant…
  • • « Gardiens des terres et des bêtes » : gardien des barrières, des savanes, attaché à la lisière, gardiens des bœufs, des bêtes, palefrenier, soigneur des bestiaux…

Dans cette rubrique, on trouve par ailleurs les catégories « Chasseur de rats, preneur de rats », « Bon sujet, sujet adroit, « C’est un Michel Morin »… », « Attaché à la culture, employé de jardin », « Marchande », « Ayant perçu un salaire ou une paie », « Jardinier, semeur ». Enfin, vous trouverez aussi quelques esclaves "apprentis" ou "en apprentissage", à partir de la recherche libre.

  • • Vous avez la possibilité de rechercher les différentes personnes concernées par une activité en particulier en tapant une de celles précitées dans la fenêtre de recherche générale. Néanmoins quelques résultats pourraient être non pertinents en fonction de la chaîne de caractères entrés.
 
Retourner au sommaire

Problème de santé

Certains esclaves pouvaient être affectés par une ou plusieurs maladies. Les éléments concernant la santé des esclaves ont été regroupés autant que possible par catégories. Les rubriques ci-dessous sont suivies du contenu qu’on peut y trouver.

  • • « Maladie » : danger de mort, mauvaise santé, maladif, convalescent, en traitement, faible de santé, mourant, langueur…
  • • « Difformité, infirmité » : bosse, crochu, complexion, caducité, mal venu, nain, paralytique, impotent, valétudinaire, hors d'état, hors service, à charge, surâgé, vieux…
  • • « Incommodités » : maux de membres, rhumatisme, boiteux, perclus, enflé, …
  • • « Mutilation » : amputé, estropié, mutilé…
  • • « Maladie touchant la peau et œdèmes » : érysipèle, hydropisie, dartre, enflement, galle, fistule, lèpre, crabes…
  • • « Maladie respiratoire » : asthme, attaqué de la poitrine, oppression…
  • • « Démence et épilepsie » : aliénation, folie, imbécilité, abcès à la tête, mal caduc…
  • • « Maladie du tube digestif » : mal d'estomac, langue blanche, bouffi, mal de ventre, coliques...
  • • « Problème de vue » : aveugle, mal aux yeux, borgne…
  • • « Problème de surdité ou de langage » : sourd, muet, mutisme, bègue…
  • • « Vieillesse » : grand âge, âgé, surâgé, caducité, à charge…

Dans cette rubrique, on trouve par ailleurs les catégories « Descente », « Hors de service », « Mort », « Hernie », « "vice" ou "vicieux" », « Dissolution », « Maladie rénale », « Piqué par un serpent », « Maladie vénérienne, petite vérole », « Pian », « Ulcère et "loupe" ».

  • • Vous avez la possibilité de rechercher les différentes personnes concernées par un problème de santé en particulier en tapant un de ceux précités dans la fenêtre de recherche générale. Néanmoins quelques résultats pourraient être non pertinents en fonction de la chaîne de caractères entrés.
 
Retourner au sommaire

Estimation

Une valeur marchande était attribuée aux esclaves ; elle variait notamment en fonction du sexe, de l’âge, de la qualification et de la catégorisation ethnoraciale affectée à la personne esclavagisée. Le prix englobait parfois plusieurs esclaves voire des esclaves et des biens ; seules les estimations concernant uniquement l’individu ont été reportées ici. La valeur marchande s’exprimait au XVIIIe siècle en livres coloniales ou livres des îles, estimées à environs 2/3 de la livre tournois utilisée dans le royaume de France. Plus rarement, d’autres monnaies étaient mentionnées telles les moëdes, écus, pistoles ou piastres. L'esclave estimé seul l'est toujours en livres coloniales. Des tranches de 500 livres ont été arbitrairement fixées pour faciliter les recherches sur l’interface web.

  • • Seule la recherche par tranche est possible pour l’instant.
 
Retourner au sommaire

Autres informations

Outre les catégories « Enceinte » et « Orphelin », on trouve dans cette rubrique :

  • • la catégorie « Affranchi » qui concerne des personnes dont on mentionne l’affranchissement par mariage, testament, rachat, donation… À partir de 1713, l’affranchissement devait être validé par l’administration coloniale pour être officiellement reconnu comme valable. Plus tard dans le siècle, le maître dut s'acquitter d'une taxe d'affranchissement, autrement dit verser une somme d'argent à l'administration coloniale. Une donation de liberté inscrite chez le notaire n'était donc pas suffisante pour garantir à un esclave la reconnaissance de l’entière et libre jouissance de sa volonté sur le plan légal.
  • • la catégorie « Marron ou prisonnier » qui inclut des esclaves en fuite ou emprisonnés.
  • • la catégorie « Porté pour mémoire » qui indique des personnes citées à titre informatif, mais qui sont habituellement absentes/disparues/marronnes de l’habitation.
  • • la catégorie « Esclave loué » qui correspond à des individus dont la force de travail était louée par leur maître à une tierce personne ; les esclaves possédant un savoir-faire particulier (charpentier, ébéniste…) pouvaient ainsi être amenés à travailler en dehors de l’habitation dont ils dépendaient.
Retourner au sommaire

Lieu

La Martinique se compose actuellement de 34 communes, mais il n'en a pas toujours été ainsi. Au fil des créations d'entités territoriales, les délimitations ont plusieurs fois changé, les noms de lieux aussi. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, deux subdivisions principales cohabitaient : le quartier et la paroisse. La paroisse était la subdivision administrative et religieuse (ayant son saint patron presque toujours indiqué dans les actes), majeure par ses rôles civils et sociaux. Dans son acception de l'époque, le quartier était un découpage administratif et militaire. Il permettait par exemple d’organiser le regroupement des hommes en milices, ces compagnies composées de colons pour assurer la défense de l'île au côté des troupes militaires régulières.

Quartier et paroisse ne se confondaient pas nécessairement. Au XVIIIe siècle, Saint-Pierre était composée de deux paroisses, celle du Fort et celle du Mouillage, réunies en 1832. Certaines de nos communes actuelles n'existaient que comme quartier (dans le sens actuel du terme) d’un territoire plus vaste. Fond-Saint-Denis et le Morne-Rouge dépendaient de Saint-Pierre. Schœlcher (autrefois appelé Case-Navire) était un quartier de Fort-de-France ; Saint-Joseph dépendait du Lamentin. De même, Bellefontaine dépendait de Case-Pilote, Morne Vert du Carbet, Grand-Rivière du Macouba et Ajoupa-Bouillon de la Basse-Pointe. Pour ce qui est de la toponymie, Fort-de-France était alors dénommée Fort-Royal, Ducos correspondait au Trou-au-Chat et Le Lorrain était appelé Grande Anse. Saint-Esprit se rencontrait de temps à autre sous l’appellation Les Coulisses. Parfois, une variante d’un nom plus familier fut employée telle Sainte Anne des Salines pour Sainte-Anne.

La période révolutionnaire fut marquée par l'apparition d’une nouvelle entité : la municipalité (même si le concept ne devint partout opérant qu'en 1837). Elle fut aussi marquée par des changements de nom pour certains lieux. Fort-de-France devint ainsi pour un temps Fort-de-la-République ou République-Ville. Le Gros-Morne fut parfois appelé Rochambeau.

Retourner au sommaire

Mention familiale

Dans les Antilles françaises, il est fréquent d’utiliser les notions de matrifocalité « fonctionnelle » ou « relationnelle » pour rendre compte du fonctionnement des familles serviles. La quasi-totalité des familles d'esclaves apparaissent dans les documents archivistiques du XVIIIe siècle martiniquais comme composée de la mère et de son ou ses enfants. Néanmoins, on trouve parfois mention de quelques couples, avec ou sans enfant, et plus rarement encore, de pères seuls avec enfants, la mère étant décédée. L’interface de recherche permet de retrouver aisément ces quelques pères reconnus ou ces hommes mariés.

Retourner au sommaire

Date

Dans la recherche par « actes notariés », il est possible de faire une recherche par date. Pour l’instant, l’acte le plus ancien enregistré dans la base est du 06 juin 1766 et le plus récent du 31 décembre 1799.

  • • Entrez la date au format jj/mm/aaaa.
 
Retourner au sommaire

Autres mentions / Autres caractéristiques

Ces deux rubriques contiennent des informations textuelles complémentaires autour de l’esclave ou de l’acte. Au fil des évolutions technologiques et des manipulations de fichiers, certaines cellules ont été tronquées dans leur contenu. Nous avons choisi de le signaler par la présence de points de suspension entre crochets […].

Retourner au sommaire

Compléments d'informations sur diverses données

Nom des esclaves

Un prénom ou un surnom était le plus souvent attribué aux esclaves. Ils ne possédaient par contre pas de nom de famille.

Certains noms d'esclaves sont suivis entre parenthèses d'une abréviation de nom de lieu ou d'un nom de personne

  • • nom d'une personne : cela peut arriver quand le maître est une autre personne que les actants principaux de l’acte. Une information complémentaire figure alors parfois dans l’onglet « Autres ».

  • • nom de lieu : actuellement, la base contient 248 actes notariés, surtout des mariages, qui font référence à deux lieux différents. Les esclaves au sein d'un même acte peuvent donc provenir de lieux différents, comme dans le "contrat de mariage du Sieur Antoine Joachim Fournier Des Ravinières et de Demoiselle Marie Anne Élisabeth Courtois" : Dominique et Honoré sont associés à Roseau île de la Dominique, Forose, Sophie Marie Claire, Ambroise et Jean sont associés à Trou-au-Chat (aujourd'hui Ducos) à la Martinique. Dans l'affichage, on a donc Honoré (Isle Dom.) et Forose (TC), un rapide coup d'oeil à "lieu(x) de l'acte" permet de voir à quoi correspond l'abréviation.
    Vous pouvez aussi vous référer à cette liste : Les Anses-d'Arlet (AA), Basse-Pointe (BP), Ducos (Trou-au-Chat) (TC), Le Diamant (D), Fort-de-France (FDF), Le François (F), Gros-Morne (GM), Le Lamentin (L), Le Lorrain (Grand'Anse) (GA), Macouba (MA), Le Marin (M), Le Prêcheur (P), Rivière-Pilote (RP), Rivière-Salée (RS), Le Robert (R), Sainte-Anne (SA), Sainte-Luce (SL), Sainte-Marie (SM), Saint-Esprit (SE), Saint-Pierre (SP), La Trinité (T), Les Trois-Îlets (TI), Le Vauclin (V), La Dominique (Isle Dom.), La Grenade (GRE), La Guadeloupe (GD), Sainte-Lucie (Ste Lucie).

Retourner au sommaire

Nom et profession des actants

Les personnes libres qui ont pris part aux actes notariés ne font pour l’instant pas l’objet d’un fichier de collecte spécifique. Néanmoins, il est possible de les retrouver en utilisant le champ de recherche libre. Parmi les activités récurrentes des actants que vous pouvez rechercher, on trouve des habitants caféiers ou sucriers, mais aussi des personnes possédant des habitations cotonnières, cacaoyères, vivrières, des fours à chaux aussi appelés chauteries, des poteries. La base contient encore des personnes ayant des habitations en savane et habitations en élevage, des rhumeries, guildiveries, vinaigreries et aussi des habitations abandonnées (par des déportés, émigrés, embarqués, absents, hors de l'île). Mais les habitants et habitantes ne sont pas les seuls présents dans les actes ; on trouve aussi des géreurs, géreurs de biens, régisseurs, économes... Toute la diversité des activités administratives, militaires et économiques sur l'île se lit ensuite par la présence des fonctionnaires royaux (procureur, arpenteur, etc.), des capitaines ou lieutenants officiers de milice, et plus largement des personnes appartenant à l'armée, des notaires, avocats, curés, commis de police, des négociants, marchands, chirurgiens, docteur en médecine, maître en l'art et science de chirurgie, pêcheurs, boulangers, bouchers, aubergistes, marchands graissiers, boutiquiers, tenanciers d'une salle de jeu, cabaretiers... Les artisans sont aussi nombreux : charpentiers, maçons, menuisier, tailleur, cordonnier, tonnelier, forgeron, sellier, maréchaux-ferrants, dont certains sont maîtres dans leur artisanat. Parfois une même personne a plusieurs activités renseignées, comme Pierre Antoine qui est perruquier et tambour. L'on trouve même une ambassadrice ! Certaines professions n'étaient légalement pas accessibles aux Libres de couleur, comme la médecine et la chirurgie à partir de 1764, un emploi chez les greffiers, notaires, procureurs et huissiers à partir de 1765 ou encore les métiers d'apothicaires ou droguistes à partir de 1769.

D'après l'organisation sociale de l'époque, ces personnes libres pouvaient appartenir à la classe des personnes blanches ou des personnes libres de couleur. On trouve aussi Zabeth Julière, unique cas de "caraïbesse", et Marie Luce Pereyre, "se disant originaire du Brésil". Ce dernier cas reflète une situation un peu particulière. En effet, sur le plan juridique, les Amérindiens étaient considérés comme naturellement libres, au même titre que les Blancs, contrairement aux personnes libres de couleur qui étaient discriminées par le préjugé de couleur. Aussi, quelques personnes métissées ont utilisé cette appellation pour éviter d'être catégorisées comme personnes de couleur et de subir la stigmatisation propre à ce groupe. Ces personnes étaient originaires du continent sud américain et étaient arrivées à la Martinique, notamment dans la seconde moitié du XVIIe siècle, à l'occasion des conflits européens dans le plateau des Guyanes. Les personnes "se disant originaires du Brésil" pouvaient être d'origine amérindienne, mais ne l'étaient pas systématiquement comme pourrait le laisser supposer l’appellation.

Vous noterez que l'orthographe des noms patronymiques n'est pas définitivement fixée à cette époque et qu'il est parfois nécessaire de tester plusieurs chaînes de caractères pour couvrir les différentes graphies possibles d'un nom à partir de sa phonétique.

  • • Vous avez la possibilité de rechercher l'une de ces informations en utilisant le champ de recheche libre de la base "esclaves" ou de la base "actes". Pour obtenir un maximum de résultats, nous vous conseillons d'effectuer la recherche dans les deux bases.
 
Retourner au sommaire

Terminologie d’antan.

Sur les mesures

Le libellé de l’acte donne un rapide aperçu de son contenu. Il mentionne parfois des quantités de terres exprimées en « quarré » ou carré. Cette unité de mesure de superficie équivaut à un carré de cent pas de côté ; le « pas », unité de longueur, équivalait à 1,137 mètre à la Martinique. Le carré était de 1,2927 hectare. Il est à noter que les mesures diffèraient d’un territoire à l’autre. Ainsi, à la Guadeloupe, le pas était de 0,974 mètre et le carré de 0,9496 hectare.

Sur la désignation des personnes libres de couleur

Au XVIIIe siècle, à la différence du XVIIe siècle, le préjugé de couleur entraînait la stigmatisation des personnes libres non-blanches. Ces personnes que l’historien regroupe sous la terminologie de « libres de couleur » pouvaient être noires ou métissées, affranchies ou libres de naissance. Dans les documents officiels, plusieurs marqueurs venaient les distinguer des Blancs. Pour ces personnes, le rédacteur précisait le phénotype (voir section « Catégorisation ethnoraciale ») ou se limitait au qualificatif « de couleur ». Il signalait parfois aussi l’origine de la liberté (libre de naissance ou affranchi). Le nom était aussi presque toujours précédé de la mention « le nommé » ou « la nommée », alors que les personnes catégorisées blanches portaient les titres de civilités de « sieur » ou « dame ». Ainsi, dans la base, on peut trouver la « vente d'un quarré ou environ d'un quarré de terre par M.de Beauregard Destouches à la nommée Simonne mulâtresse libre », la « vente d'une case et terrain à la Rivière Salée par le nommé Simon Bonfils nègre libre au Sieur Jean Baptiste Wibler maistre charpentier » ou encore le « testament de la nommée Marthonne fille de couleur ».

Retourner au sommaire

Comprendre les signes

  • • […] indique une information tronquée.
  • • [?] seul, indique l’impossibilité de lire la donnée.
  • • [?] derrière une information, indique que l’auteur n’est pas certain de la lecture qu’il a faite de la source.
  • • (sic) pour préciser que ce qui précède est cité sans aucune modification. La retranscription dans la base respecte donc la graphie employée dans la source. Exemple "Phrederic (sic)" car le lecteur pourrait s'attendre à la graphie "Frederic" et croire à une erreur de saisie.
Retourner au sommaire

Pistes pour la recherche généalogique en ligne

Si vous êtes à la recherche d'un ancêtre qui a été esclave à la Martinique, les principales autres bases de données à consulter sont :

Ces deux bases s'appuient sur les registres d'individualités des nouveaux affranchis, registres dans lesquels les anciens esclaves ont reçu un nom de famille suite à l'abolition de l'esclavage en 1848.

Retourner au sommaire